mes-ecritsUne nouvelle qui n'a pas de nom, il est tard et j'ai pas d'inspiration. 

dimanche 06 avril 2014 par eclia nouvelle
Vie de merde.
Je soupirais. J'en avais marre de cette vie ; de ce monde.

Ici, sur Terre, les gens sont cons. Ils disent vouloir votre bonheur... Mais il n'en est rien. Ils sont en fait prêt à tout pour nuire. Tout cela pour leur propre intérêt. C'est égoïste. Je trouve ça cruel. On fait croire à de pauvres gens que la personne en face d'eux est généreuse, prête à tout pour eux... Il n'en est rien. Et de toutes façon, ces « pauvres gens » sont exactement pareils. Un cercle vicieux, voilà ce que c'est. Et je n'en fait assurément pas parti.

Qu'est-ce qu'il me fait dire ça ? C'est très simple. J'ai appris à observer. À regarder toutes cette énorme tribu de barbare psychologique. Pendant des années, j'ai tenu un carnet. Un calepin d'observation. J'ai tout écrit dedans. Il y a toutes mes hypothèses sur l'Être Humain. Qu'est-ce qu'il est venu faire ici ? Pourquoi tant d'égoïsme ? Toutes ces questions, je me les pose au quotidien.

J'ai beaucoup voyagé aussi. J'ai vu toutes ces populations. Différentes par leur culture, certes, mais exactement identique à leur façon de vivre. Je ne dirais pas « façon de penser » car tout cela est trop vague. Deux Hommes venant d'un seul pays peuvent avoir une manière complètement différente de voir les choses. La façon de vivre, pour moi, c'est un peu la manière que ces chacals ont de se « nourrir » de bonheur. De duper les gens. Enfin bref, je m'éloigne un peu du sujet.

Avant, j'étais comme tout ce monde. Un Humain parmi tant d'autres, un grain de poussière dans cette tempête de sable. J'étais heureuse, en ces temps-là. Je n'avais pas conscience de toutes ces machinations. Je me nourrissais de bonheur, comme tout le monde, et ne réfléchissait pas plus que cela. Je devais avoir quoi ? 5 ans ?

Mon rêve le plus fou était d'aller à l'école, et de savoir lire. C'est très bête de dire cela, mais à cet âge, c'était un besoin. Ma mère voulait m'apprendre, mais je n'en voulait rien. Il fallait que cela soit fait dans les règles de l'Art. Que ce soit la maîtresse qui m'apprenne, et pas ma chère maman. Je vouais déjà une énorme place aux livres, dans mon cœur. J'adorais les feuilleter, et regarder ces formes que je n'arrivais pas à déchiffrer. C'était mes hiéroglyphes, et j'adorais leur inventer une signification à l'aide des belles images qui se trouvaient dans ces bouquins d'enfants.

Arriva le jour où je suis allé à l'école. Je me rappelle que j'étais tellement heureuse... J'étais bien trop naïve. Beaucoup trop.

Je fît très vite connaissance de ma maîtresse. Elle me parut tout de suite très gentille, mais il y avait un je-ne-sais-quoi de faux dans son regard. Et je ne le sais pas encore.
Ma première déception fût de découvrir qu'en maternelle on n'apprenait pas à lire, mais qu'on apprenait juste l'alphabet. Je le connaissais déjà, mais il y avait d'autres choses tellement nouvelles et passionnantes que cela n'empêchait pas mes yeux de briller.
Mes camarades, eux, n'avait pas du tout la même vision que moi sur cela. Ils étaient presque cruels. Pendant la première semaine, voire le premier mois, je me fît rouler sur les pieds au sens propre du terme. Je ne me défendais pas. D'autres se moquaient : je ne me défendait pas.
Je me contentais de les regarder, impuissante, pleurant, et criant « mais arrêtez, mais arrêtez ! ». Tout cela ne servait bien évidemment à rien. Ça ne m'empêcha pas d'aimer l'école tout de même, et de me faire quelques copines.

C'est avec un grand soleil dans les yeux que je fis mon entrée en primaire. C'était une période horrible. Celle qui a failli gâcher mon enfance. Et qui l'a en parti gâchée.
Je n'avais aucun ami. Je me contentais de rester dans un coin de la cour, fixant les autres et m'imaginant jouer avec eux. J'étais très timide, et je n'osais pas approcher les autres enfants. J'avais de très bonnes notes à l'école, ce qui me valait une non-envie de me connaître de la part des autres. Tout cela a fini par constituer ma réputation de fille bizarre, rêveuse, renfermée, et j'en passe des meilleures.
Les premières années de primaire se sont passées relativement bien. Jusqu'en CM1. Là, tout à changé.
J'étais d'ordinaire la préférée de tout mes professeurs, et j'avais toujours une envie perpétuelle d'aller à l'école pour les voir, et pour apprendre d'eux.
Cette maîtresse, elle, était tout le contraire. Elle était cruelle et méchante. Elle nous punissait de récréation, sous prétexte que l'on était bruyant. Elle n'hésitait pas à être très vulgaire, et à prendre des médicaments devant toute la classe. Elle m'a dégoûté de l'école, et tout à empiré.
Ma maîtresse de CM2, elle, avait essayé de reprendre la sauce. Elle m'a sauvé de cette écœurement qui ne faisait plus du tout aller à l'école, mais je n'ai plus jamais eu mes yeux brillants en entendant ce mot maintenant banni de mon vocabulaire.

Puis vint ma première année de collège, où je me suis faite harceler un premier temps. Je passais mes récréations au CDI, voulant échapper aux autres, au gens. Mes parents ont ensuite déménagés, je les ais suivis, et j'ai atterri dans un collège où l'on m'insultait, me traitait de « Marseillaise » parce que je n'hésitais plus à dire ce que je pensais... J'étais devenue méfiante, et beaucoup trop, à cause de cette histoire de harcèlement. J'avais développé un caractère très fort, et allant presque jusqu'à devenir violente. Je restais quasiment seule, je m'étais faite une amie qui était quasiment comme moi.
Ma deuxième année fût la meilleure de ma triste vie. Je me suis mise à avoir des amis, qui m'ont aimé telle que j'étais. J'ai repris goût à celle-ci, peu à peu. Le sourire revenait, même si mon adoration pour l'école ne reviendrait jamais. Grâce à eux, je me suis accroché au périple qu'est le début de l'adolescence et à tout les problèmes que cela apportait. J'ai souffert, mais le soleil revenait.

Puis mes parents ont encore décidé de déménager. Je leur en voulait de me séparer de tout ces gens exceptionnels, qui me rendaient le sourire et me mettait dans un état de bien-être génial.

Mon père à trouvé du boulot dans une grande ville. Il n'avait plus le choix. Nous avons abandonné notre cent mètre carré pour un petit vingt mètre carrés, qui ressemblait plus à un studio qu'à une maison. On vivait dans les immeubles les plus pourris du quartier.

J'avais recommencé à ne plus avoir d'amis. J'étais carrément devenue insociable, et quasiment plus apte à la vie en collectivité. Dès que m'adressait la parole, je m'énervais et devenait violente. Je ne pouvais pas contrôler cette pulsion. Mes parents m'avait déscolarisé, et je passais mes journées dans ma chambre, seule, et dans le silence le plus complet. Assise sur ma chaise, devant mon bureau, j'avais commencé ce fameux carnet de notes. Je me suis mise à réfléchir sur le sens de tout cela. Et finit par découvrir que je n'étais pas comme tout le monde. Assurément pas comme tout le monde.

Mes parents tentèrent de me rendre ma vie d'avant. Ils ont tout essayé : psychologue, docteur... Mais rien n'y faisait. Pour eux j'étais perdue. Je souffrais de paranoïa, à ce qu'il paraît. C'est ce qu'il m'on dit quand j'ai essayé de les sauver, de les raisonner en leur montrant la bêtise humaine. Pfff.... pauvres idiots.

Et moi je mourrais de l'intérieur.

A l'heure où j'écris ce texte, à la fin de mon carnet, je suis prête à mourir. À partir de ce monde, pour moi complètement débile à mes yeux, et à enfin aller dans ce monde que je me suis créé... Celui de mes rêves. Et j'allais y reposer pour l'éternité.

J'ai le couteau que j'ai emprunté dans la cuisine bien au chaud dans mes mains, prêt à être utilisé. Je savais déjà quelle souffrance j'allais m'infliger. J'étais calme. Je crois que je dormais déjà à moitié, en fait.

Le carnet dans lequel j'écris sera le seul vestige de mon existence. Je vais le laisser ici, et peut-être que quelqu'un tombera dessus... quelqu'un comprenant le sens de mes mots.

Je respirais à intervalle régulier. J'étais pressée d'en finir, maintenant. Ce monde de fous ne sera plus le mien dans quelques secondes... Je laisse mon couteau tâter ma main gauche, à la recherche d'une veine à couper...

- Emilie, viens manger !

C'était ma mère. La voix venait de derrière le couloir. Elle n'osait plus rentrer dans ma chambre depuis ma déscolarisation. Elle avait peur de prendre des coups. Ce n'était pas vraiment ma mère, mais plutôt un gardien de prison. Un gardien que l'on déteste.

Je soupirais, et posait le couteau sur mon bureau.

La veine ne fût pas coupée, ma main ne reçut pas de coup. Je n'ai pas quitté ce monde.

Je quitterais ce monde un jour, d'une manière ou d'une autre.

Mais ce ne sera pas cette fois.

Note : c'est une histoire inspirée de mon vécu, mais pas totalement. A partir du deuxième déménagement, tout deviens faux
Et je n'ai jamais eu d'envie suicidaire ni de tendance paranoïaque, je vous rassures ^^
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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