mes-ecritsUne femme traversa le portail... 

dimanche 31 août 2014 par eclia nouvelle
Une femme traversa le portail qui menait à une maison à l'atmosphère froide et à moitié délabrée. Les volets pendaient à leurs fenêtres, manquant de s'envoler à chaque coup de vent. Les tuiles, dont il ne restait que de rares représentantes intactes, n'étaient plus très nombreuses et tombaient de temps en temps, comme pouvait le montrer le parterre de tuiles de briques qui s'étaient formées au cours des années. Les murs étaient ensevelis par la végétation qui reprenait sa place. Quelques rares morceaux étaient encore à découvert, où l'on pouvait apercevoir une vieille peinture écaillée, datant de plusieurs années. Les vitres étaient, pour la plupart, cassées, et recouvertes d'un rideau de verdures qui ne laissaient pas voir l'intérieur de la maison, comme si ce qui se cachait dedans devait rester secret à tout jamais. La porte de bois était remplie de moisissures et semblait toute gondolée, comme si une grosse inondation était survenue ici, ou que la maison était si humide que l'eau avait filtré à travers les murs pour finir dans le bois de la porte. La poignée était rouillée et ne tenait plus vraiment en place. La maison semblait abandonnée, elle était même sûrement abandonnée. Elle n'était plus refaite depuis des années, et des rumeurs disaient même que cela faisait plusieurs siècles qu'elle n'avait pas connue la joie de la vie humaine.

Le jardin n'était, lui non plus, pas bien entretenu. Les hautes herbes avaient percées un peu partout, laissant néanmoins le dallage intact, ce qui laissait l'entrée de la maison praticable. Il était laissé en friche, et il fallait batailler avec la végétation pour trouver de rares vestiges de ce qu'avait laissé les derniers habitants. Près de l'entrée, une table semblait encore combattre sa mort certaine, bien droite mais moisie et rongée par les champignons et les insectes. Les chaises subsistaient encore. Le fer dont elles étaient construites les avaient bien rouillées, mais elles avaient encore l'air d'être apte à l'utilisation. Plus loin dans les hautes herbes, on pouvait voir ce qui aurait été un ancien terrain de jeu : une vieille balançoire rouillée s'agitait au grès du vent, et un vieux bac à sable d'un rouge délavé semblait être devenu le pot de nombreuses plantes à qui le sable avait suffit. De nombreux insectes nichaient çà et là, trouvant l'endroit assez accueillant pour y vivre un petit bout de temps. Le portail de fer grinçait à l'ouverture, et semblait lui aussi rouillé.

La femme, à l'image de la maison, semblait très vieille. Elle semblait avoir quatre-vingt-dix ans, bien qu'elle n'en avait peut-être qu'une soixantaine. Elle était petite et maigre. Ses cheveux argentés flottaient au gré du vent, lâchés et mal coiffés. Sa peau d'une blancheur cadavérique montrait qu'elle ne sortait que rarement, et était peut-être atteinte d'une grave maladie. Ses yeux, verts et ternes, montraient une tristesse non-dissimulée, qui semblait durer depuis de nombreuses années. Elle ne souriait pas, et regardait la maisonnette avec une certaine tristesse, mélangée à de la colère. Elle s'assit sur les dalles, perdue dans ses pensées, bien en face de la porte. Puis, après un long moment, elle se releva péniblement et posa sa main ridée sur la poignée de la porte, hésitant à la tourner, comme si quelque chose de terrible allait arriver si elle ouvrait la porte et entrait, bousculant le silence de mort dans lequel l'endroit était enveloppé depuis des années.

Cette attente dura au moins une dizaine de minutes, dans lesquelles la vieille femme pensait sûrement à ce qui allait lui arriver, ou tout simplement s'était replongée dans ses pensées tristes et très sûrement dénuées de sens pour nous, simples spectateurs. Puis, elle inspira un grand coup et ouvrit la porte qui s'ouvrit sans aucune résistance, laissant penser qu'elle n'était pas verrouillée. La femme s'engouffra alors dans les ténèbres et le silence de la maison délabrée, fermant soigneusement la porte derrière elle, comme si elle ne voulait pas qu'on la suive...

... A suivre ?
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2 Commentaires

Salut à toi =)

Après avoir vu ton message, je doit bien me douter que tu aimes ! Ne t'inquiètes pas, la suite arrivera bientôt ^^
avatareclia (le 31/08/14 à 15:51:08) - site web
La suite la suite la suite la suite!!! La suite la suite...
avatarTheDoctor_du_tardis07_gallifrey (le 31/08/14 à 15:48:47)
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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