mes-ecritsUme 

samedi 05 avril 2014 par eclia nouvelle
Ume était une jolie chatte violette. Son pelage était orné de délicieuses voluptés de fleurs, gravées à tout jamais sur sa robe violette. Derrière son oreille droite, elle avait une orchidée, d'un violet profond, qui rappelait sa couleur. De l'oreille gauche, il y avait deux "baguettes" en or, qui traduisait son sang royal, ainsi qu'un petit diadème tout aussi violet posé avec délicatesse sur sa petite tête, entre ses deux oreilles.

Car oui, Ume était une princesse ; ses parents se succédaient au trône, de père en fils, depuis des décennies, voir même des siècles. Elle savaient pertinemment qu'elle n'aurait jamais ce trône, mais Ume savait qu'un jour, son père la marierait avec un prince, et qu'elle serait reine d'un autre royaume. Ou alors qu'elle resterait pour toujours dans ce château... Mais ce n'était d'après elle qu'impossible : tout les jeunes chats se battaient pour elle : la chatte était en effet une des plus jolies du royaume, et pour ce point-là, elle n'avait aucune concurrence.

Ume était très gentille. Elle ne pouvait s'empêcher de s'apitoyer sur le sort d'un jeune clochard, où alors de s'émouvoir seule en contemplant le charme innocent des canards qui venaient tout les matins boire dans ce petit étang, devant le château de briques dorées. Elle était très généreuse, et avait, selon la voyante du village, un cœur des plus purs qu'elle n'ai jamais vue.
Mais Ume était au fond d'elle très triste. Pourquoi ? Me diriez-vous : elle a tout pour être heureuse, mais une seule chose manque à l'appel...

Une mère. Ume manquait d'une mère. Elle était la benjamine de tout ses frères et sœurs, et la seule à ne pas avoir connue sa mère : elle était morte en lui donnant naissance. On lui avait dit que la dernière chose qu'elle est dite avant de mourir était : "La petite... appelle-la Ume."

Cela avait détruit son petit cœur. Il avait une petite fissure, malheureusement irréparable, et ce depuis sa plus tendre enfance. Elle était triste, mais ne le laissait pas paraître. Même son père ne le savait pas. C'était son jardin secret.

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Le jour où cette histoire va réellement commencer, elle se levait, comme d'habitude, dans son lit à baldaquin, réveillée par sa servante. Sa chambre était toute d'un violet intense : un lit violet, une armoire violette... Cela la rendait quasiment malade. Tout ses frères et sœurs avaient aussi une chambre assortie à leur pelage. "Comme cela, vous reconnaîtrez votre chambre." lui avait dit son père ce jour-là.

Pendant qu'elle s'étirait, elle entendit une petite voix qui lui disait :
- Ume... Tu es là... Viens... Viens me voir...
Ume l'entendit. Elle essaya de l'ignorer ; elle ne savait pas ce que cette voix lui voulait, et sa servante, qui faisait son lit, n'avait manifestement pas entendu ce doux murmure qui dansait dans les oreilles de la jeune chatte.
Sa servante partit, après avoir donné une dernière recommandation à Ume : "Faites attention, ne vous mêlez pas d'affaires qui ne vous regardent pas."
Ume n'eut pas le temps de réfléchir au sens de cette phrase, quand la petite voix la rappela :
- Ume... Tu ne m'entends pas ? Tu n'as qu'à penser, je t'entendrais.
La chatte pensa que oui, elle l'entendait.
- Bien. Tu dois te demander qui je suis : je suis ta mère.
Ume resta bouche bée. Sa mère... D'où venait-elle ? Que faisait-elle ici ?
- D'où je viens ? De là-haut, ma chérie. Je suis juste venue voir si tu te portais bien : je ne t'ai jamais connue, après tout.
La jeune chatte faillit pleurer. Sa mère... venue exprès pour elle ? C'était la première fois qu'on lui faisait ce genre d'attention.
- Bien. Je vois que tout va bien. Je vais repartir maintenant.
- Attends ! avait hurlé Ume.
Trop tard. Elle était déjà partie.
Cela avait rendu Ume encore plus triste... Elle avait tant de questions à lui poser !

Elle tomba affreusement malade, nul ne savait pourquoi : elle ne voulait rien dévoiler de ce qu'il s'était passé.
Son père s'inquiétait, et la servante quant à elle, ne faisait que répéter à Ume : " Surtout, ne vous mêlez pas aux affaires qui ne vous regardent pas... Souvenez vous en bien."
Ses frères et sœurs, eux, étaient trop occupés pour penser à leur benjamine, c'était à peine s'ils allaient la voir le matin, s'informer de sa santé.
Les jours passèrent. Ume se remettaient lentement. Doucement, difficilement, mais elle s'en remettait quand même.
Elle savait pertinemment pourquoi elle était tombé malade : à force de déprimer, et plus encore après l'apparition de sa mère, elle en avait eu les frais... La fièvre. Mais sa, elle ne le disait à personne.

Un beau jour qu'elle était assise sur un banc, profitant de la douce odeur des cerisiers, en fleurs à ce moment de l'année, elle réentendit sa mère :
- Ume... Je suis revenue, tu vois... Je vois que... Tu t'en es remise. Je dois partir maintenant.
Cet échange fût bref, mais suffisant pour que la jeune chatte retombe dans sa sombre déprime.
Elle ne tomba pas malade pour autant, fort heureusement ; mais elle restait de plus en plus dehors, à contempler d'un air absent le ciel bleu, sans nuages, et à murmurer :
- Maman... Pourquoi ? Pourquoi es-tu morte ? Pourquoi viens-tu me voir ?
Elle n'avait bien entendu jamais la réponse à ses questions, si fondamentales pour Ume fussent elles.

Un après-midi où elle s'ennuyait particulièrement, elle se mit en tête d'aller trouver son père. Elle ne savait pas pourquoi.
Arrivé à la salle du trône, elle surpris une conversation, qui l'attrista énormément :
- Bien, récapitulons notre marché. Le petit Anisu part donc avec moi, je lui apprends les rudiments de son futur métier de roi, et en échange, vous recevrez la somme d'argent que je vous ais promis, et enfin, la vie d'Ume, commença un inconnu, d'une voix bourrue et inquiétante.
- C'est cela, déglutissais péniblement mon père. Je vous prie de prendre soin d'Anisu.
Anisu était l’aîné de la famille. C'était un magnifique chat vert, au même pelage qu'Ume. Il portait une orchidée jaune à son oreille droite, ainsi que le diadème et les "baguettes" en or de la famille royale. C'était l'héritier du trône, le petit protégé de la famille.
Ume était choquée. Qu'est-ce que cet inconnu allait faire d'Anisu ? Que lui voulait-il ?
Elle ne se retint pas plus longtemps : elle poussa la grande porte en bois de sapin, et courut vers son père, assis sur son trône de marbre, dans cette salle d'un blanc éclatant.
- Papa ! Ne fais pas sa ! Pas Anisu... Qu'allez-vous lui faire ? fusillais-je tour à tour mon père et l'inconnu.

L'homme en question était un jeune loup blanc, vêtu d'un petit chapeau de magicien.
- Cela ne te regardes pas ! hurla-t-il. Ton frère va juste apprendre ce que sont les vraies valeurs ! Désolation, destruction... Tout cela est la vérité. Au diable toutes les histoires que votre père vous raconte ! Et... soyez heureuse, s'il ne me laissait pas l'emporter, c'est VOUS qui aurait payé ! gronda-t-il d'une voix encore plus menaçante.
Ume changea d'un coup. Elle n'était plus la jeune chatte au cœur pur et triste ; mais un jeune félin au cœur meurtri par son passé, et... triste... affreusement triste...
Elle enleva ses baguettes de son oreille gauche.
- Ume... Ne fais pas sa ! criais son père, qui avait deviné ce qu'elle allait faire.
- Je... Je... Mourrez ! hurla la jeune Ume, décochant un cri bestial, et brandissant ses baguettes vers la poitrine du jeune loup.
Le petit chien blanc comme la neige esquiva son coup, et dit d'une voix menaçante :
- Ume... On te l'avait dit... Il ne faut pas se mêler à des affaires qui ne nous regardent pas...Il prit les baguettes des mains de la chatte, et lui enfonça dans sa poitrine.Elle hurla de douleur, et dit sa dernière parole : "Papa... Sauves Anisu. Je... me sacrifies pour lui... Je... vais rejoindre Maman."- Ume, non ! NOOONN ! cria son père, décochant un hurlement de mort.

*******************

Ce fût la dernière chose que Ume entendit.La seconde d'après, elle était auprès de sa mère, perchée sur une étoile : "Ume. Enfin... Je t'attendais depuis si longtemps..." lui sussurais-t-elle.
- Maman ? Je... Je suis morte ?
- Oui ma chérie, tu l'es. Tu as accompli ta destinée : tu as été assez courageuse pour sauver un frère qui n'avait pas daigné te donner une seule attention depuis que tu était petite. C'est courageux. Très courageux. Mais tu aurais aussi pu écouter la servante..."Faites attention : ne vous mêlez pas d'affaires qui ne vous regardent pas.Toute cette phrase prenait son sens, maintenant. La servante savait qu'elle allait mourir, et avait essayé de la sauver.

Mais maintenant... Elle n'en avait plus rien à faire. Elle était morte. Son petit cœur meurtri avait enfin trouvé la paix : elle avait enfin retrouvé sa mère, et ce pour toujours. Elle n'allait plus vivre d'infamies, si courte fût son existence dans le monde d'en bas...

*********************

Ume se réveilla en sursaut.
Elle était couchée sur son lit à baldaquin, toute sa famille autour d'elle :
- Regardez ! Elle est vivante !
La jeune chatte était sereine. Elle avait vu sa mère, pour de vrai... Hana Geïsha, tel était son nom.
- J'ai... J'ai vu maman... commença-t-elle péniblement.
- Elle est revenue d'entre les morts, dit son père devant le regard effaré de ses frères et soeurs.
Il y avait la servante parmi eux.
- Et... J'ai compris le sens de votre phrase : "Ne vous mêlez pas de ce qui ne vous regardes pas..."
- Tant mieux alors, murmura la jeune servante. Cela vous évitera d'autre soucis à venir, vous le saurez bien assez tôt. Ce que vous avez vécu n'est qu'un avertissement.
Ume sourit.
Elle ferma les yeux, et se rendormit.
Toute sa famille se retira.
Son petit cœur meurtri était soigné. Il n'était plus que pureté, plus aucune trace de cette tristesse n'était en elle.
Il était assez pur, enfin, pour pouvoir vivre une vie paisible, même sans sa mère, qui veillait sur elle, la chatte le savait maintenant.
 
Ume, un jour, promis, tu rejoindras ta mère... au pays des morts.


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Histoire écrite à la base sur GW, vous pouvez trouver sa version d'origine ici.
L'image utilisée sur cet article vient de Gothicat World, vous pouvez trouver le site sur le lien du dessus.
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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