coups-de-coeurSilhouettes - laurent hunziker - contemporain 

lundi 25 juin 2018 par eclia nouvelle, contemporain, autoédition



4e de couverture
Silhouette : « Dessin qui représente un profil tracé autour de l'ombre d'un visage, d’un corps » Certaines des histoires racontées sur ces pages sont tirées de faits réels. D’autres sont purement imaginaires, dictées par quelques rêves ou pensées vagabondes. Parfois encore, souvent, c’est mélangé : la réalité s’invite dans le rêve et inversement, dessinant ainsi ces silhouettes indistinctes aux ombres infidèles.
Douze petits récits étranges, en souvenir de quelques silhouettes croisées. Ou pas.

Auteur : Laurent Hunziker
Genre : Contemporain
Type : Recueil de nouvelles
Dernière édition : 2018 (autoédition)
Prix : 12,66€



Mon avis

Avant de commencer cette chronique, j'aimerais remercier l'auteur Laurent Hunziker pour m'avoir proposé de lire son roman en tant que service presse, et le site simplement.pro pour la mise en contact.
Mon opinion n'a été altérée en aucun cas.

J'avais lu et adoréEn un rien de tant, du même auteur. Cet ode à la vie m'avait énormément touchée et émue ; je vous invite donc à aller lire la chronique que j'ai écrite dessus si ce n'est pas déjà fait.

Dans ce recueil de nouvelles, il y a douze récits que je vais traiter un par un, dans la pure tradition des chroniques de recueils sur le blog.

Pas cape ! Se place dans l'entre-deux-guerres. Un jeune homme se fait moquer dans son groupe d'ami, traiter de fille, à cause de son caractère un peu plus calme que les autres. Pour ne plus se faire brimer, il décide alors de relever un défi…
Cette nouvelle ouvre le recueil et nous donne tout de suite la couleur. J'ai adoré retrouver le style de Laurent Hunziker, très sensible et poétique. La nouvelle en elle-même est agréable et plutôt émouvante ; c'est une de celles qui m'a le plus touché dans ce roman. On s'attache très vite à ce jeune garçon, à qui plus d'un pourrait s'identifier ; la chute n'en est alors que plus forte.

Les Escarpins est assez différente car elle ne raconte pas une histoire, mais un moment de vie. Un sans-abri nous conte l'euphorie qu'il ressent quand une dame lui donne de l'argent.
Ici aussi, le récit est très beau, et plutôt émouvant. La joie de l'homme m'a frappé de plein fouet. Ce n'est pas ma préférée mais elle a le mérite d'exister et d'être là.

Fastnatch commence à nous plonger dans l'univers un peu étrange de Silhouettes, et je dirais que c'est à partir de ce moment-là que commence vraiment l'aspect onirique du recueil.
Le maire d'un petit village allemand emmène sa femme française, France, au carnaval de sa ville. Tout se passe extrêmement bien jusqu'à ce qu'un drôle de char arrive ; un char où trône la Mort…
Cette nouvelle est… étrange et troublante.Elle m'a laissé un drôle de goût, surtout à la fin, même si j'ai un peu vu venir la chute. J'ai particulièrement aimé la description de l'arrivée du char qui donne froid dans le dos.

La femme de mes rêves est une histoire d'amour entre un homme et une femme qu'il ne voit qu'en rêves ; jusqu'au jour où cette dernière disparaît.
J'ai beaucoup aimé cette nouvelle, qui n'est pas ma préférée mais qui est pleine de poésie. L'idée de la femme que l'on ne voit qu'en rêves et plutôt original et fera sûrement écho à d'autres personnes…

Dans Chocolatine, un homme typé demande un pain au chocolat à une boulangère. Sauf que, pas de chance, il se trouve dans le Sud-Ouest et la boulangère, attachée à ses valeurs, refuse de lui vendre le « pain au chocolat ». C'est alors que les événements s'enchaînent…
L'histoire a sûrement été écrite peu après les attentats, car on en ressent les traces dans le récit. C'est une jolie nouvelle contre la xénophobie mais aussi effrayante car on y voit à quel point la population s'emporte au moindre souci…

Mon banc, est peut-être un peu autobiographique ; c'est comme ça que je l'ai ressenti. Un homme fait sa balade quotidienne autour du lac où il a vu passer sa vie. Mais alors qu'il arrive à son banc, sur lequel il s’assoit, il se rend compte qu'une personne est assise à sa place…
Elle a beaucoup résonné en moi, car moi aussi j'avais pris l'habitude de faire ma balade quotidienne autour d'un lac ; et, moi aussi, j'avais mon banc, celui sur lequel je m'asseyais à mi-chemin, tous les jours, jusqu'à ce que je déménage. C'est une très belle nouvelle, très sensible, sur la vieillesse et le temps qui passe qui m'a beaucoup touchée. C'est sûrement ma nouvelle préférée de ce recueil.

Survivante est beaucoup plus noire. On suit une vieille dame alcoolique qui n'a plus personne dans sa vie.
Ici aussi, on nous parle du temps qui passe, mais d'une manière beaucoup moins joyeuse. Malgré son aspect onirique marqué, je lui ai trouvé un côté assez effrayant. En effet, qui n'a pas peur de se retrouver seul, à mourir après tout le monde, et qui sait dans quels travers nous pourrions tomber alors ?

L'envol met en scène le dialogue entre un terroriste et un policier, morts lors d'attentats.
C'est peut-être une de celles qui m'a le moins touchée, car elle est assez classique, malgré son beau message. Mais même les « généralités » sont toujours bonnes à entendre.

Le rendez-vous manqué est une très belle histoire. Un saxophoniste revoit celle qu'il a aimé dix ans plus tôt et qui honore alors le rendez-vous qu'ils s'étaient donné. Mais au petit matin, il n'y a plus personne…
Entre rêve et réalité, cette nouvelle chamboule quelque peu, j'ai eu du mal à comprendre ce qui était réel et ce qui ne l'était pas, et c'est ce qui fait toute la beauté de l'histoire. La fin ouverte nous laisse le choix de ce qu'il va se passer d'une manière très élégante qui m'a touchée.

La traverséeest une des nouvelles les plus étranges du recueil. Un homme se retrouve en pleine ville alors que le temps s'est arrêté…
Là vraiment j'ai eu un peu froid dans le dos. On entre dans un trip hallucinatoire qui n'est pas enviable du tout, et on oscille tout le long de la nouvelle entre plusieurs hypothèses…Elle est vraiment accrocheuse et je m'y suis beaucoup impliquée.

Points communs, pour terminer la part purement « récit » du recueil, se replace lors de la guerre, comme la première. Deux hommes qui ne se connaissent pas reçoivent tous deux une lettre de leur épouse leur annonçant qu'ils vont devenir père… et ces deux là, sans se connaître, partagent de nombreux points communs.
C'est une nouvelle vraiment touchante et très mélancolique. Assez fataliste et pessimiste, elle est néanmoins très jolie.

Enfin, L'embarquement nous raconte comment le recueil de nouvelles est né (d'une manière sûrement romancée) dans un aéroport.
Ce dernier récit autobiographique (je le pense) clôt parfaitement le récit et m'a laissé sur un petit sourire. On revois toutes les autres nouvelles à travers les personnages qui la peuple et on comprend le but de l'auteur.

Et comme pour son roman, j'ai trouvé ce but vraiment beau et poétique. Faire le portrait de vies, de gens, en y mettant une part d'irréel est un concept qui me parle et me touche.
Alors comme pour En un rien de tant, j'ai été prise par ces petites capsules, ces tranches de vie, et complètement charmée.
Laurent Hunziker est un petit OVNI dans la sphère de l'autoédition. Je ne peux que vous encourager à lire ses livres qui sont d'une beauté et d'une sensibilité rare.

En conclusion, j'ai vraiment adoré ce recueil et ce fût un deuxième petit coup de cœur. Je ne peux que vous recommander de lire ce recueil très touchant, poétique et onirique. C'est une très belle découverte et j'ai hâte de pouvoir découvrir les prochains manuscrits de Laurent Hunziker.



Ma note finale

[5 étoiles]



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À propos

photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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