l-aventure-d-elikaPartie 11 

samedi 05 avril 2014 par eclia
Des passes de consciences... et d'inconscience

Je ne savais plus depuis combien de temps nous étions ici.
Cela faisait une heure, un jour, un mois, une année... Je ne savais plus.

Rares étaient les moments où j'avais conscience de mon être.
Le reste du temps, je me sentais flotter, en apesanteur, comme si je faisait deux avec mon corps...

Dans mes moments de conscience, je pouvais voir Cader. Il avait des traits émaciés, fatigué de me veiller toute la journée. Quand il n'était pas là, il y avait le dragon. Il ne m'inspirait guère confiance, et je ne me sentais pas du tout en sécurité avec lui. Mais il fallait faire avec. Je devais être heureuse d'être en sécurité dans cette clairière, et d'être sûre que des gens veillent sur moi, se souciant de mon bien-être.

De temps en temps, je sentais que l'on me bougeait, et qu'on me faisait boire un liquide, qui n'était pas très bon. Je n'arrivais pas à cerner de quelles plantes il s'agissait. Je n'en avais pas le courage, de toute façon.

Au fur et à mesure que le temps passait, je me sentais comme tomber dans un trou de plus en plus profond... Mon corps ne réagissait quasiment plus. Mon cerveau, quant à lui, était en ébullition pendant mes instants de conscience.

De temps en temps, j'entendais Cader qui me disait, comme une voix venu d'un rêve lointain :
- Ne t'inquiète pas Elika... Tout va bien se passer... Soit forte, je t'en prie... Je ne veut pas te voir mourir... Même si je sais que te parler ne sert à rien... Mais je t'en supplie... Reste en vie.

Durant mes rares phases de prise de conscience, je pouvais apercevoir, en plus de Cader, la clairière environnante, le feu qui ronronnait à côté de moi... Bizarrement, je prêtais plus attention aux choses qu'avant. Je pouvait percevoir le bruit que faisait les pattes des petites fourmis qui fourmillaient dans l'herbe par exemple, alors qu'avant je n'aurait jamais prêté attention à cela.
J'avais l'impression d'être autour d'êtres pleins de vies, qui eux, ne se laisseraient pas abattre pour mourir, ce qui me redonnait un peu de courage.

Je sentais les gouttes ruisseler sur mon front. J'avais mal partout. Toujours plus fort. J'acceptais de plus en plus le fait que j'allais mourir, que ma vie misérable s'arrêtait ici.

Mais le monde qui m'entourait me rendait mon courage - si peu soit il -, mais assez pour me battre contre la maladie. J'avais conscience que je risquais de mourir d'un moment à l'autre. Je ne voulais pas me laisser abattre.

Puis un jour, je ne saurais dire lequel, j'entendis Cader parler au dragon :
- Cela fait maintenant un mois qu'Elika ne se remet pas de son mal. J'ai de plus en plus peur qu'elle disparaisse. De plus, elle commence à délirer, et sa ne présage rien de bon. Elle dit voir sa mère et son père alors qu'ils ne sont pas avec nous... Et elle parle de village parti en fumée à cause d'elle, de corbeaux relatant la nouvelle de la mort de ces parents... Cela me fait froid dans le dos.
Le dragon répondait avec un grognement sonore.
- Tu as raison, il ne faut pas perdre courage. Je continuerais de la veiller, jour et nuit. Elle ne peut pas mourir, son rôle sur terre n'est pas terminé...

Puis, j'entendais des bruits de pas, de Cader qui s'éloignait...

Ce fût la seule conversation que j'ai entendu de toute ma prise de conscience. Deux minutes après, je sombrais de nouveau dans les couloirs froids et humides de la mort.

Puis, un jour, je me suis d'un coup sentie revivre. J'allais de mieux en mieux, mon inconscience était de moins en moins présente.

J'entendais Cader et le dragon se mettre au travail, me donner ce liquide dont je ne réussissait pas à trouver les ingrédients...

Et un jour, j'entendis une nouvelle conversation :

- Dragon ! J'ai une bonne nouvelle. Pendant que je veillait sur Elika, j'ai pu... Enfin, elle a bougé son bras. Tout espoir n'est pas perdu, après deux mois passés ici. Nous allons enfin pouvoir sauver son frère. J'ai vraiment cru qu'elle allait mourir... Mais tout n'est pas perdu !
J'entendis quelques grognements.
- Oui... Tu as raison... Il faut continuer comme cela. Je suis sûre qu'elle s'en sortira !

Puis, un autre jour, j'ai enfin réussi à ouvrir les yeux, après de pénibles efforts.
Je vis Cader qui se penchait sur moi, l'air à la fois heureux et surpris.
- Tu... Tu... Tu as ouvert les yeux... Enfin ! Tu vois bien, Elika, tu a réussi... Enfin peut-être...
Il était heureux. Heureux de me voir sortir d'entre les morts. Je répondis d'un pénible sourire et referma les yeux. Cela me coûtait beaucoup trop d'efforts et me fatiguait.

Chaque jour était toujours meilleur. Je commençais à ravoir la notion du temps, et arrivait à entrouvrir les yeux plusieurs fois dans la journée. Je ne pouvais par contre pas encore formuler une seule phrase cohérente, et pouvait bouger mon corps. Je me sentais revenir, chaque jour un peu plus...

Puis ce qui devait arriver arriva. Prise d'une forte poussée d'énergie, j'ai ouvert les yeux brusquement. Le sang s'est remis à circuler normalement. Je me sentais mieux.

Il y avait Cader à ce moment là. Surpris, il a sursauté, puis quelques secondes après, s'est mis à appeler le dragon. J'ai alors enfin réussi à dire ce que je voulait dire depuis tant de jours :
- Mais où est mon épée ? Elle est toujours chez le roi !
J'ai essayé de me lever, mais Cader m'en a empêchée, me recouchant aussitôt.
- Tu es encore trop faible pour marcher Elika, une nuit de sommeil normale te fera le plus grand bien. Ton épée à disparu de la circulation. Néanmoins, le Dragon m'a remis celle-ci. Il m'a dit que les épées choisissait leur propriétaire, et qu'à ton approche, elle s'était mise à scintiller. Ce Dragon était le Gardien de cette épée, et il la gardait bien au chaud, attendant son légitime propriétaire...
- Heu... Attends ! Qu'est-ce que tu veut dire par Gardien ? Les épées ont une conscience ? Et où est elle, d'ailleurs ?
- C'est trop long à expliquer maintenant, plus tard. Ton épée est juste à côté de toi, dans l'herbe.
Après ces quelques mots, il en profita pour me la tendre.

C'était une magnifique épée en argent, avec une garde toute d'or. Elle était légère, parfaitement adaptée à mon combat léger et rapide.

Des larmes embuèrent mes yeux. C'était la plus belle chose que l'on ne m'est jamais offerte... Et c'était ce Dragon qui me l'avait donné. Celui dont j'avais le moins confiance...

Cader, affolé de me voir verser quelques larmes, me dit :
- Ne pleure pas, Elika. Ne verse plus de larmes. Cette épée est un présent qu'il faut que tu gardes précieusement...
Je lui coupais la parole :
- Ce ne sont pas des larmes de tristesse, mais des larmes de joie. Je ne vais pas les arrêter.

Le dragon est alors arrivé. Il émit quelques grognements, et se coucha près de moi, m'entourant de ses ailes protectrices.

Il prit un air doux, dépourvu de peur, ni de colère.

Je lui faisait entièrement confiance. C'était maintenant le Gardien de mon épée.

Je me suis enfin sentie protégée à ses côtés.
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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