l-aventure-d-elikaPartie 10 

samedi 05 avril 2014 par eclia
Le dragon


Nous étions tout les deux tétanisés à la vue du dragon. Je prenais conscience que la bête pouvait nous tuer tout les deux en un clin d’œil, en usant de son lance-flamme géant.
Mais ce fût moi qui me décida à faire le premier pas. Cader, quant à lui, était encore plus paralysé que moi...

Je fis un pas, deux pas, trois pas... Au fur et à mesure que j'avançais, je sentais de plus en plus la présence du dragon, et prenait de plus en plus conscience de notre infériorité par rapport à lui. Nous étions devant un être de légende et qui a toujours su faire naitre des sentiments de bonté ou au contraire de cruauté. Rares étaient les dragons qui étaient encore vivants, et, selon de grandes études approfondies sur ces bêtes, ils étaient beaucoup plus sages que la majorité d’entre nous. Ces bêtes se donnaient leur savoir de père en fils, et de mère en fille, et naissaient beaucoup plus intelligents que nous. Les dragons étaient souvent respectés, et rares étaient ceux qui leur barraient la route... Ils étaient, en quelques mots, une grande figure de respect et de savoir dans le monde.

Je me suis alors retrouvé juste devant lui. Je pouvait distinguer ses crocs acérés, capables de nous croquer sans le moindre effort, ses beaux yeux d'un vert émeraude éclatant, et l'air terrifiant qu'il avait. Il n'avait pas l'air de nous vouloir du mal, mais je ne pouvais m'empêcher de penser... que c'était le contraire.

C'est alors que je fût coupée net de ma réflexion sur cette masse imposante. En effet, le dragon avait ouvert sa gueule et commença à grogner, de manière assez... organisée, comme si il voulait me dire quelque chose.
Je le regardais alors. Je ne comprenais pas cette langue, la langue des Dragons, celle que seule les humains vivants à leurs côtés pouvaient comprendre et parler.
C'est alors que Cader prit la parole :
- Elika, ce dragon veut te dire quelque chose.
- Je le sais bien, c'est pas comme si il y avait quarante mille personnes ici, non ?
- Oui, mais... Je comprends ce qu'il dit, et je peux te le traduire... il veut que tu le détaches de ces liens, pour lui rendre la liberté. Il dit aussi qu'il nous aidera si nous l'aidons.
- Je veut bien te croire, mais comment tu sais ça ?
- Ah ah... Mystère ! s'exclama-t-il en souriant.
- Un jour, il faudra que tu me racontes ton histoire, marmonnais-je assez bas pour être inaudible à l'oreille du garçon.

Puis, je me tournais vers le dragon, et lui dit dans ma langue à moi :
- Je veut bien t'aider, Dragon. Laisses moi le temps de voir ces chaines...

J'ai alors un peu examiné l'endroit où il était détenu, et vit les liens qui le gardaient prisonnier. Il fallait se tourner un peu pour les voir. Elles entouraient le ventre de ce pauvre dragon, qui respirait sûrement assez difficilement. Tout était rattaché par une seule et même serrure, mais... où trouver la clé ?
- Dit Cader, commençais-je, où penses-tu que nous pourrions trouver cette clé ?
- Je ne vois qu'une solution possible. Les gardes doivent avoir cette clé dans leur trousseau, non ? dit-il en montrant fièrement le trousseau du garde qui gardait sa cellule.
- C'est pas bête, mais fait vite alors ! Il y a des dizaines et des dizaines de clés...
- Je vais essayer. D'abord, montre moi où est cette fichue serrure.
Je lui est alors montré et il commença à tester toute les clés.

Après plusieurs heures d'acharnement, il trouva enfin la bonne clé, et les liens disparurent comme ils étaient arrivés.
Le dragon grogna de bonheur, et sembla vouloir nous dire autre chose...
- Il veut que l'on monte sur son dos ! s'émerveilla Cader.
- Alors, allons-y, si cela peut nous aider à sauver Talok ! dis-je alors, enthousiaste.

Cader arriva à monter sur son dos comme s'il avait fait cela toute sa vie. Moi, en revanche, j'eus plus de mal. Je n'étais jamais montés à dos de dragon, et savoir monter un cheval ne m'aidait pas dans ce cas. Je glissais tellement qu'au bout d'un moment, Cader, impatienté, me prit la main et me fit monter sur le dragon.
- Merci, lui dis-je, essoufflée.

Une fois en place, le dragon n'attendit pas une minute. Il défonça le plafond, et nous vîmes avec amusement tout les serviteurs, éberlués, nous regarder monter. Cela était merveilleux. Nous nous étions enfin échappé de ce donjon ! Mais... cela me semblait un peu facile. Il ne me restait plus qu'à sauver Talok, et tout était terminé. Cela ne fit qu'aggraver mon enthousiaste.

Soudain, nous nous retrouvâmes dans le ciel. Nous montions toujours plus haut. Je commençais de plus en plus à manquer d'air... Je suffoquais...

Puis... plus rien.

Je me suis alors réveillée dans un lit de feuilles. Cader était à côté de moi.
- Enfin réveillée ! Est-ce que tu...
- Où sommes nous ? lui demandais-je en lui coupant la parole.
- Eh bien... nous sommes dans une forêt... Le dragon est parti trop loin et nous a déposé ici. Il m'a dit de ne pas me frotter au roi, et d'abandonner l'idée de sauver ton frère. Tu étais déjà évanouie, tu ne dois pas t'en rappeler.
- Je me suis évanouie ? C'est donc pour cela que je ne me rappelle de rien et que tu viens de me réveiller...
- Oui. Nous sommes montés trop haut dans le ciel, et ton corps n'a manifestement pas aimé cela. J'ai dû te soutenir pendant tout le trajet, tu as plusieurs fois failli tomber. Puis, une fois en bas, tu as dû avoir le contrecoup de ton manque d'air et tu es tombée malade. Je t'ai veillée depuis maintenant 3 lunes, et tu n'as eu aucune prise de conscience. Tu dormais comme une marmotte !
Je mis une demi seconde avant de me rendre compte de ses dernières phrases. Il avait pris la peine de me veiller alors que nous nous connaissions à peine ?
Je masquais vite cette expression de choc de mon visage, et lui dit d'un air impassible, mais fiévreux :
- Mais... sommes-nous loin du palais ?
- Désolé de te dire ça... Mais je crois qu'on en ait bien à une dizaine de lieux d'ici.
- Non... NON ! Il faut absolument que l'on retrouve Talok ! Il faut retourner au palais, vite !
- Écoute. Pour le moment, on ne peut pas. Tu as beaucoup de fièvre, et le dragon est parti chasser. Nous sommes près d'une rivière. Il faut attendre ta guérison avant de pouvoir repartir. Je pense que rester ici trois jours serait le mieux. Et... ton frère, si j'en ai bien compris ton récit, et dans les appartements, non ? Il ne doit pas trop souffrir, ne t'inquiètes pas.
- Non... Non... Je ne peut pas... Je ne veut pas... Laisser mon frère aux mains de ce monstre ! hurlais-je de désespoir.
Puis, la fièvre repris de nouveau, et je sombrais à nouveau dans l'inconscience. J'entendis seulement Cader qui me dit d'une voix qui se voulait rassurante :
- Ne t'inquiète pas... Elika... Ne t'inquiète pas... Nous irons retrouver ton frère, je te le promets ! Mais... nous le ferons quand nous serons prêts. En attendant, reposons-nous ici.
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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