mes-ecritsNestor 

mardi 30 septembre 2014 par eclia nouvelle, réalisme
Nestor, comme tous les matins, se leva péniblement de son lit, s'écroulant presque sur ses jambes sans force, celles d'un vieil homme de quatre-vingt quatorze ans. Comme tous les matin, il s'habilla, grommelant de sa mésaventure, et prépara son café tout en regardant la télé.

Comme tous les matins, des coups timides retentirent à la porte de son appartement. Nestor savait très bien qui l'attendait sur le palier : c'était un petit garçon d'une dizaine d'années, roux et prénommé Thomas, connu dans tout l'immeuble. Il s'évertuait à venir toquer à la porte de Nestor tous les matins. Et tous les jours, il l'envoyait paître comme seul pouvait le faire un vieux soldat.

Ce jour-là, quand Nestor vint ouvrir, il n'eut pas la force de renvoyer le petit chez lui et de revenir devant sa télévision, fâché. Alors, une fois n'était pas coutume, le veillard considéra Thomas et grommela :
- Petit, entre donc ! Mais c'est la seule fois.
Le garçon lui sourit, et ses petits yeux d'émeraude sertis parurent briller un instant. Nestor lui rendit son sourire avec difficulté, et l'invita à s'asseoir à table.

Ils discutèrent longtemps, de tout et de rien. Quand midi arriva, Nestor laissa le rouquin partir, un peu à contre coeur. Il avait apprécié l'enfant.

Les mois passaient, et les deux voisins se côtoyaient toujours. Nestor racontait la guerre, la perte de sa femme et le "bon vieux temps". Thomas racontait son enfance difficile, la "presque-perte" de son père, et des choses d'enfants joyeuses et légères. Il confia même un jour au vieillard "qu'il était le grand-père qu'il n'avait jamais eu." Nestor avait été aux anges ce jour-là.

Une bonne année après leur véritable rencontre, le rouquin ne vint plus. Le vieillard en fut très affligé.

Une bonne semaine se déroula sans que de petits coups timides retentissent à la porte de l'appartement. Nestor décida alors de se rendre chez son cher petit-fils de coeur.

Quand il frappa à la porte de son voisin, personne ne répondit. L'appartement était abandonné depuis longtemps.

Depuis des années, on se disait dans l'immeuble qu'un vieillard parlait souvent seul, racontant sa vie à qui voulait l'entendre...
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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