mes-ecritsLe tueur de larmes 

jeudi 03 avril 2014 par eclia nouvelle
Ding. Dong. Ding. Dong.

Le glas sonne dans le paisible petit hameau.

Ding. Dong. Ding. Dong.

A l'entrée de la petite église, les habitants pleurent à chaude larmes. Ils connaissaient tous le défunt. C'était quelqu'un qui savait se faire apprécier, malgré son manque total de confiance. Il était un peu maladroit, mais aimait beaucoup aider les gens. Il en avait aidé un bon nombre ici, au lieu-dit des Coquelicots. Un tout petit hameau d'une cinquantaine de personne.

Ding. Dong. Ding. Dong.

Les larmes. Petites gouttelettes de cristal tombant des yeux des personnes tristes, et quelquefois joyeuses. Mais ceux qu'il préférait... C'était les larmes de tristesse. Il prenait un malin plaisir à s'imaginer les souffrances qui entraîne inexorablement ce cristal, et autant de joie à les provoquer. Encore plus même.

Ding. Dong. Ding. Dong.

Il observe les gens, devant la petite église. Il ne rentre pas dans le bâtiment, il ne veut pas se faire repérer. Toutes ces personnes qui pleurent l'être aimé... Là, devant le vitrail, il devait y avoir sa famille. Cela se voyait bien : il connaissait le défunt. C'était son cousin.

Ding. Dong. Ding. Dong.

Pourtant, aucune larme ne coule. Il ne souffre pas. L'homme reste assez éloigné de tout ces gens. Il a depuis longtemps troqué cette faiblesse qu'est la tristesse contre un cœur de pierre, sensible exclusivement à la joie qui l'envahissait en prenant connaissance des malheurs des autres. Il reste caché derrière le grand platane, à côté de la grande porte de l'église.

Ding. Dong. Ding. Dong.

Il ne put malheureusement pas rester longtemps ici ; il avait bien d'autres choses à faire. Il s'éloigne de la petite église, laissant les gens à leurs malheurs.

Il avait bien d'autres gens à tuer.

Comme il avait déjà tué son cousin.

**

Il y a de nombreuses années...

Il avait toujours vécu comme cela.

Triste et solitaire.

Sa famille n'avait jamais voulu de lui. Il était né au sein d'une famille riche, dans le seul but d'être héritier et de prolonger la lignée des De Debandrio, ancienne et célèbre pour ses innombrables traces indélébiles laissées dans l'Histoire : discours mémorables, les rois et reines qui s'étaient succédé à leurs nom... Cette famille avait depuis toujours été couronnée de réussite.

Et il en était l'unique héritier.

Il n'avait jamais été vraiment aimé.

Il ne voyait quasiment jamais ces parents, l'un ministre de l’Éducation et l'une chef d'une entreprise de renommée internationale. Ils le voyait comme l'Héritier, le garçon bien éduqué, poli et serviable, qui n'avait besoin de personne pour vivre. Quant à lui, il ne les connaissait presque pas. Il savait que ses parents étaient très connus, strictes et employaient couramment le langage soutenu, celui des grands hommes.

Et c'est tout.

Il passait le plus clair de son temps dans sa grande chambre, située à l'intérieur de l'aile droite du château des De Debandrio.

Il s'allongeait sur son lit, regardant le temps passer et s'imaginant adulte, riche et respecté de tous.

Mais il ne voulait pas de tout cela, de cette superficialité qui s’emparerait alors de lui, à l'âge adulte. Il aurait toujours voulu vivre dans une famille aimante et pas spécialement riche, mais il n'avait jamais eu cette chance.

Alors il préférait contempler le plafond, les yeux vitreux et ternis par son avenir.

Dans sa prestigieuse école, il était détesté. Personne n'était comme lui, désireux d'être « normal », mais déjà transformés en business-man junior.

Il n'avait pas d'amis, et en souffrait.

Malgré tout cela, il n'avait jamais versé une larme. Ni de joie, de tristesse ou même de colère.

Rien. Ces joues restaient indéniablement sèches, et nulle traces des petites gouttes de cristal qui caractérisent si bien l'Être Humain. Il avait tout enduré sans rien dire, sans fléchir, sans pleurer.

Plus les années passaient, plus les larmes l'obsédait.

Il voulait pleurer, exprimer ainsi sa rancœur envers le monde entier.

Mais il n'y arrivait pas.

Plus les années passaient, moins il avait l'impression de souffrir. Il prenait ce manque d'affection comme un châtiment.

Son cœur se changeait en pierre.

Cependant, il secrétait de plus en plus de jalousie envers ceux qui pleuraient. Cela le rendait malade.

Et un jour de pluie battante, il décida de fuguer. Il avait soif de vengeance maintenant. Sa jalousie s'était muée en haine pure, accompagnée d'une envie débordante de tuer, et de voir des larmes couler des joues des gens.

Toujours plus de larmes. Cela l'obsédait tellement que c'était la seule chose au monde qu'il aimait et chérissait.

Pour se venger de sa famille, il élaborait en secret des plans pour les tuer. Il ne ressentait aucun amour pour eux après tout.

Ce serait la fin des De Debandrio.

Et en plus de tout cela, il voulait pleurer. Connaître cette sensation humaine et simple, qu'il n'avait pourtant jamais vécu, au point d'en faire un rêve paraissant inaccessible.

Alors il ouvrit la lourde porte de chêne, équipé d'un canif et de quelques vivres, et partit définitivement sous la pluie.

**

Il marche. Depuis déjà plusieurs jours.

Cela faisait cinq jours qu'il avait tué un de ses cousins, un certain Lucien De Debandrio. Il ne l'avait jamais connu.

Mais il s'en fichait. Il n'avait qu'à pas naître avec ce nom de famille. Un point c'est tout.

Ces parents devaient le connaître. C'était peut-être un de leurs neveux. Sûrement même. Peut-être n'avait-il pas eu de chance, lui aussi. Peut-être avait-il réussi sa courte vie... Ou pas. Peut-être était-il désireux d'être normal, et était parti.

Il ne pouvait pas le laisser vivre quand même. C'était un De Debandrio, un être abject, cruel et dépourvu de bonté d'âme.

Tout au fond de son cœur, il savait très bien qu'il avait tort. Il s'était un peu renseigné sur lui avant de le tuer, et avait remarqué que c'était tout le contraire d'un De Debandrio : il avait été généreux, plein de bonté...

Plongé dans toutes ces réflexions, il s'était, sans le savoir, enfoncé dans la forêt des Coquelicots. Celle qui précédait le petit hameau, avec ces arbres si verts, si bien portants, si beaux... Cette herbe si resplendissante, grouillante de vie...

L'homme regardait autour de lui. Il s'imprégna de la paix du lieu. Il prenait de grandes bouffée d'air, loin de toute cette population barbare. Si il aurait été un homme « normal », cela lui aurait sûrement arraché une larme... Mais cela était impossible. Il ne savait pas pourquoi, et ne voulait pas le savoir.

Il marchait tout droit, devant lui. Comme un robot. Un robot programmé pour tuer. Voilà ce qu'il était. Un être robotisé n'avait pas de sentiments, ne pouvait pas pleurer. Il accomplissait son but, et puis ne servait plus à rien.

Sauf qu'il n'en était pas vraiment un. Il était fait de chair et d'os, et sentait son cœur battre à l'intérieur de sa poitrine. Il avait des sentiments : la joie de voir les autres pleurer, et la révolte face à sa famille, cette « rébellion » qui le faisait vivre.

L'homme secoua la tête et soupira. Il réfléchissait trop. Il ne devait pas penser à ça, et commencer à réfléchir à son prochain meurtre. Il fallait qu'il oublie.

Il regarda au-dessus de lui, et scruta une portion du ciel qui n'était pas masqué par le feuillage. La nuit commençait à tomber. Il fallait qu'il trouve un abri.

Le jeune homme dormirait dans la forêt, ce soir. Il décida alors de monter en haut d'un arbre, et de passer la nuit sur une de ses branches.

Il grimpa sans trop d'effort. Il avait l'habitude. Il faisait cela quasiment tout les jours, et ce depuis sa plus tendre enfance. Il aimait bien voir le monde de tout là haut, d'avoir l'impression de régner sur ce monde de fourmis.

L'homme, assis sur une branche assez basse, regarda le ciel. Il faisait déjà sombre. C'était l'hiver, et il devait être au moins vingt-et-une heure.

Il se coucha alors, et se décida à trouver le sommeil.

Les mois avaient passés. L'homme errait encore, mais cette fois avait une idée en tête. Il allait procéder au meurtre ultime.

Il avait beaucoup tué ces derniers temps, mais il manquait un couple à l'appel : celui des De Debandrio, son père et sa mère. Ceux qui lui avaient causé autant de haine et de rancœur.

Il allait prendre du plaisir à les tuer, il se savait. Cela faisait des dizaines d'années qu'il en rêvait. C'était son seul et unique but dans la vie, et il était né pour cela.

L'homme se situait maintenant vers Paris, à quelques kilomètres du château en plein quartiers aisés. Il se faufilait sans soucis à travers la masse de gens pressés pour aller au travail : il était sept heures du matin, heure de pointe. Beaucoup bousculaient et ne faisaient pas attention à ce qu'ils faisaient, d'autres faisaient la queue devant les métros, et enfin les plus courageux affrontaient en voiture les multiples embouteillages, tout en klaxonnant comme des malades, afin de mettre la pression au pseudo-adversaires se situant devant eux et les empêchant d'aller plus vite.

Il soupira. La ville n'avait pas changé en quarante ans. Elle était toujours aussi fade, aussi triste, dépourvue de joie. Les gens ici étaient totalement fermés et se cachaient dans leurs écharpes (c'était en plein hiver), serrant fort leurs sacs pour les femmes et baissant la tête pour les hommes. Aucun sourire ne les illuminait, aucun pétillement dans les yeux : on aurait pu les confondre avec des cadavres, dont la seule différence était que du sang coulaient encore dans leurs veines et qu'ils marchaient encore. Ils avaient en effet le teint blême d'un mourant. Cela pouvait presque faire peur.
Les maisons étaient toujours aussi grises, aussi tristes. Elles n'avaient pas été vraiment refaites : les gens ici disaient que c'était pour préserver la « vieillesse du lieu, le charme du quartier ». La peinture des habitations s'écaillaient, et certaines tombaient presque en ruines. Des travailleurs essayaient de garder ces dernières debout, mais leurs efforts seraient vain. Il fallait une reconstruction complète du quartier, et ces personnes le savaient. Ils ne voulaient juste pas déformer le paysage par crainte de déranger les vieilles personnes vivant ici, qui d'ailleurs étaient présentes en majorité.

L'homme repensa à ses parents. Ils devaient être sacrément vieux à présents, dans les quatre-vingt-ans... Il se demanda s'ils vivaient encore. Sûrement que oui, puisque il avait réussi à avoir l'adresse complète de leur domicile, et en ayant été à l'hôtel de ville, il aurait trouvé une déclaration de décès où quelque chose dans le même esprit.

Il continua sa route jusqu'au centre du quartier, où se tenait dans toute sa splendeur le château des De Debandrio. Il faisait presque tâche dans cet océan de gris : il avait moult et moult fois été refait. Il laissait voir son toit de briques éclatantes à qui voulait le voir, même si la bâtisse donnait un curieux sentiment à l'homme : il n'avait aucune envie d'y rentrer. Cet endroit lui paraissait beaucoup trop superficiel et lui rappelait son enfance gâchée.

Il regarda la bâtisse et inspira profondément. C'était son ultime heure de gloire. Il allait enfin avoir sa vengeance tant désirée...

L'homme aux cheveux gris malmenés par l'âge s'avança alors vers une des fenêtres fermées, en étant le plus discret possible.

Il était maintenant juste devant la fenêtre. Une simple fenêtre à meneaux datant de la Renaissance. Le château avait été construit à cette époque, et les fenêtres avaient eu la chance de ne jamais avoir eu à être rénovée.

Il résista cependant à l'envie d'exploser la fenêtre avec ses poings. Cela serait beaucoup trop dangereux et indiscret au possible. Il fallait trouver une autre solution.

Tout en réfléchissant, il repensant à tout ce qu'il avait fait avant d'arriver dans les quartiers aisés, devant le château. Il avait tout son temps, il n'était pas pressé et se perdait souvent dans ses pensées.

Il chassa toutes ces idées. Il y avait un moyen encore plus simple de s'en sortir, mais qu'il avait longtemps rejeté.

Quelque chose qui pourrait littéralement lui faire perdre tout moyen.

Quelque chose de tellement simple que de le faire pourrait se résumer pour lui à un simple échec.

Il prit une longue inspiration, et se dirigea vers la grande porte de bois. L'homme toucha la grande planche de sa main abîmée. Cela faisait si longtemps qu'il n'avait pas eu cette sensation de peur qui l'enveloppait peu à peu, comme si un grand danger s'approchait... Un vrai délice. Un étrange sentiment si vrai, si simple... Un vrai trésor pour quiconque y pensait. Comme les larmes, ces choses qu'il n'atteindrait jamais...

Il secoua la tête. Ne pas y repenser, cela devait être la meilleure solution pour ne pas perdre ses moyens.

Doucement, il sonna à la porte de sa main maintenant tremblotante. Son couteau était caché sous sa ceinture, à l'abri de tout les regards. Ses parents n'y verront que du feu. Un sourire nerveux se dessina sur son visage, puis il entendit des bruits de pas. Son cœur s’accéléra. Il ne savait plus du tout à quoi ressemblait ses parents, ils devaient être maintenant si vieux...

Une vieille femme ouvrit péniblement la porte. Ses cheveux blancs tombaient en cascades sur ses épaules décharnées. Ses yeux d'un bleu profond -les mêmes que ceux de notre héros- semblait scruter le nouveau venu et lire au plus profond de son âme. Petite et toute recourbée, elle s'appuyait sur sa canne en bois rare et cher. En voyant son fils, son expression ne changea pas. Aucun sentiment d'amour, ou même de dépit ne semblait l'envahir.

- Tu es donc venu, Aaron De Debandrio, héritier de notre château ? Tu es venu voir ta pauvre mère et ton pauvre père qui depuis toujours se demandaient où tu était passé ? Quel gentil garçon que voilà...

Bien sûr, tout cela avait été dit d'un air sarcastique. Elle n'en avait que faire de son fils, et encore moins de son état d'esprit. Elle fixa Aaron et l'invita à entrer.

- Viens par là, mon fils. Viens boire un coup à la maisonnée. Viens voir ton père et t'informer de notre état.

Cette simple phrase mit le vieil homme hors de lui. Ses yeux plissés trahissait son mensonge évident, et son ton sarcastique ne lui plaisait pas du tout. Il n'allait pas tenir longtemps...

La vieille femme finit par partir en direction du grand salon, et Aaron la suivit, à l'affût de la moindre chose qui pourrait lui coûter la vie. Là, un vase trônait sur sa commode, et si on le faisait tomber sur lui cela le pourrait le blesser... Là-bas un lustre ne semblait plus très bien tenir... La maison était propre, et les meubles de bois semblaient briller. Les dames de ménage devaient être très bien payées pour faire aussi bien leur travail.

Il pénétra enfin dans la pièce. Elle n'avait pas changée depuis son départ. Les canapés étaient toujours placés autour de la petite table basse, au centre de la pièce. Une vieille télé était placée un peu à l'écart, dans un coin sur un meuble-tiroir. Son père, un vieil homme aux cheveux blancs et au visage abîmé par l'âge était assis sur un des canapés. Son air mesquin trahissait sa méchanceté évidente. En le voyant, il fît un pâle sourire avant de l'inviter à s'asseoir.

La mère partit alors dans la cuisine, disant qu'elle allait chercher de quoi manger.

Aaron dévisageait son père. Cet homme à qui il n'avait jamais voulu ressembler. Prétentieux et cruel, il se demandait comme sa mère avait fait pour s'en être épris. Il ne pensait qu'à lui-même.

Son père le regardait aussi, et finit par dire :

- Tu ne me demande même pas comment je vais ?

- Heu... Si, comment allez-vous, cher père, depuis toutes ces années ?

Son père le regarda d'un air purement méchant avant de dire :

- Oh, je sens que je ne serais bientôt plus de ce monde. Je suis vieux maintenant, et toi aussi d'ailleurs. Je sais ce que tu es devenu, fils, et ce n'est vraiment pas ce que je voulais de toi.

Il était d'un calme évident. Ce calme qu'Aaron avait du mal à supporter, surtout dans ce genre de discussions.

Puis la mère revint, avec un gâteau qui avait l'air d'être sorti tout droit des chambres froides du château. Sûrement pas du fait maison.

Elle coupa péniblement quelques parts avec son couteau, puis le posa sur la table avec délicatesse.

Après avoir remercié d'un geste sa compagne, l'homme continua de parler, semblant s'énerver de plus en plus.

Tu n'es pas du tout ce que je voulais que tu deviennes même. Crois-tu vraiment que je suis content de toi ? L'enfant que j'ai élevé n'a guère changé depuis tout ce temps. Toujours aussi stupide.

Aaron sentait la colère monter en lui, et répliqua :

- Vous croyez vraiment qu'avec un père et une mère tels que vous, il aurait été possible que je sois quelqu'un d'équilibré ? Vous ne m'avez jamais donné ce dont j'avais besoin. Oui, j'ai été un enfant de riche, j'avais beaucoup de jouets, j'avais tout ce qu'il me fallait... Sauf des parents aimants ! Vous ne pensez qu'à l'argent à et à l'avenir ! Êtes-vous au moins heureux de ce que vous êtes ? N'avez-vous jamais pensé que la mort valait mieux pour vous ? Que vous n'étiez que des personnes sans intérêt , que personne n'aimait ? Qui ne montait en richesse et en grade que pour se donner une raison de vivre ? Et n'avez vous jamais eu de regret par rapport à moi ? Vous n'avez jamais eu envie de me faire un câlin, où même de me lire une simple histoire avant de me coucher ? Vous n'avez jamais eu envie de voir votre fils sourire au moins une fois dans sa vie, être épanoui ? Non, JAMAIS ! Et c'est bien ça que vous reproche. Vous n'êtes jamais là quand il faut, et c'est pour ça que je suis venu vous...

La vieille femme lui coupa la parole avant de parler à son tour :

- Nous n'avons en effet aucun regret. Nous t'avons éduqué de la meilleure façon qu'il soit : Rigueur et Discipline sont les maîtres mots de l’Éducation. Tu ne peut évidemment pas savoir ça puisque tu n'as ni femme, ni enfant. Tu as saccagé notre réputation à toi seul. Nous sommes une riche famille dont les portraits de ses ancêtres sont affichés entre nos murs, et toi tout ce que tu trouves à faire c'est de tuer des gens ? Tu salis notre honneur, Aaron ! Nous ne t'avons jamais considéré comme un fils. Tu t'es toujours appliqué à détester tout le monde et à nous reprocher toutes les choses du monde. Crois-tu que nous pouvions t'aimer comme cela ? Tu n'es rien qu'un descendant qui n'aura jamais son héritage. Je me fiche de ce que tu pense.

Le père hocha la tête avec un sourire mesquin.

- Alors, que vas-tu dire maintenant ?

Aaron avait, pour la première fois de sa vie, les larmes aux yeux. Ses yeux qui avaient toujours été si secs devinrent d'un coup tout mouillés, et l'envie irrépressible de pleurer l'envahissait. Ce sentiment nouveau l'emplit d'une énergie nouvelle. Il sortit son couteau de sa ceinture avant de répliquer :

- Nul besoin de mot. Un simple geste suffira, très chers parents.

Doucement, il s'approcha de son père, levant son arme vers sa poitrine. Il prenait son temps. Enfin, son rêve allait se réaliser. Cette chose qui lui avait donné la folie et coûté tant d'énergie. Une tâche qu'il pourra alors effacer de son esprit.

La victime le regardait calmement, son sourire gravé sur son visage, impassible. Il semblait regardait quelque chose derrière son fils...

Soudain, Aaron sentit un métal glacé transpercer ses côtes. Lâchant un cri de douleur, il se jeta à terre. Il sentait son corps se vider de son sang, petit à petit... Il voyait sa mère et son père se pencher sur lui, leur visage déformé par une cruauté sans nom. Leurs visages dansaient dans ses yeux et semblaient lui dire qu'il n'était qu'un misérable vers dans ce monde de fourbes. Le vieil homme sentait sa tête tourner. Son envie de pleurer était de plus en plus forte...

Une demi-heure passa. Dans ce laps de temps, il revit toute sa vie se dérouler devant ses yeux, de ses souvenirs les plus insignifiants à ceux qui l'avait marqué à vie, jusqu'à cet instant où il sentait sa propre mort arriver. Il voyait le visage de tout ceux qu'il avait tué danser devant ses yeux écarquillés avec ses parents, maintenant. Ils semblaient rire, s'amuser de la situation...

C'est là que le vieil homme fît couler sa première et dernière larme. Une larme qui contenait toute la haine qu'il avait envers ce monde cruel, où il n'avait jamais eu la moindre chance... Et même pas la moindre petite lueur d'amour. Dans un sens, son départ ne l'attristait guère. Il se sentait enfin partir, et cette petite goutte de cristal qui coulait sur sa joue était comme une libération. Il la sentait rouler avec douceur, l'enveloppant dans une torpeur méritée. Il n'allait plus souffrir maintenant. Il ne ferait plus souffrir les autres. Il allait quitter ce monde pour de bon. Un sourire se dessina sur son visage, et sa langue recueillit la larme avec soin, son goût salé était la plus belle des saveurs. Celle qu'il avait toujours espéré goûter. Il ferma les yeux, savourant ce doux arômes, se laissant emporter par la mort.

C'est ainsi qu'Aaron De Debandrio s'éteint, devant les regards cruels de ses parents qui avait causé sa mort.


Remerciement spécial à une super amie qui se reconnaîtra, et qui m'aura bien aidé à écrire la fin en proposant ses idées :3
Merci à toi, tu es géniale !
Répondre

4 Commentaires

Merci à toi ^^
Je travaille en ce moment sur la suite :3
avatareclia (le 20/05/14 à 11:12:10) - site web
J'aime beaucoup, c'est très prenant ^^
avatarNydoreine (le 19/05/14 à 22:57:31)
Contente que tu aimes !
La suite est en cours de préparation, tu devrais l'avoir dans pas très longtemps ^^
avatareclia (le 30/04/14 à 13:29:08) - site web
superbe texte comme d'habitude ! j'ai hâte de voir le suite !!!
avatarflamme du nord (le 30/04/14 à 13:02:30)
À propos

photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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