mes-ecritsLa tragique histoire de bouton d'or 

mardi 19 août 2014 par eclia nouvelle
N'avez vous pas déjà remarqué un petit fanfaron sautillant parmi les fleurs ?

Tout sourire, tout joyeux, il est la petite lueur de son village, si calme et si doux...

Une petite boule de paix et d'insouciance.

~~

Mais quand un éclair mauvais vint troubler son existence,

Petit Bouton, les oreilles couchées, part vite se mettre à l'abri.

Mais malheureusement ce fût de courte durée,

Car une ombre l'a déjà attrapé... [...]


- Morceau de papier trouvé dans les ruines du village, il semble roussi et abîmé de part en part.



Cette histoire commence quelque part dans le pays d'Aydo'h, connu pour sa paix sans faille et son herbe verdoyante, que chaque pays enviait. Jamais on n'avait eu pareille herbe, même à Aquahana.

Un petit stoufix vivait là-bas. Bouton d'Or, s'appelait-il. Sa maman l'avait appelé comme ceci à cause de ses petites fleurs jaunes sur son pelage, et de son amour pour les fleurs qui poussaient. Il adorait leur parler et s'en occuper.

Il vivait dans un village paisible, comme beaucoup dans le coin. Toujours tout sourire, il était la petite boule d'énergie du patelin : les autres créatures s'amusaient à le voir courir et sourire. Ce n'était pas un enfant parfait, loin de là. Il faisait beaucoup de bêtises et ses parents avaient du mal à le tenir concentré, tant il était bouillant d'énergie.

Mais je ne vous raconterais pas cette histoire s'il ne s'était pas passé quelque chose, non ? Vous saviez qu'Aydo'h était une terre de paix, mais le mal n'est jamais loin.

Un beau jour, de grands nuages noirs vinrent troubler le calme du petit village. On n'en avait rarement vu d'aussi étendus dans le pays. Un seul arrivait à recouvrir plusieurs dizaines de mètres. C'était un phénomène rare.

Il faisait beaucoup d'orage par là-bas, et encore plus de pluie, ce qui rendait l'herbe bien verte. Les anciens ne se faisaient donc pas trop de soucis quant à ce nuage. Les orages pouvaient être assez dévastateurs, et en cette période de grande canicule, il pouvait facilement enflammer les petites chaumières de pailles. Mais ils avaient vécus, et savaient que cela se réparerait en un rien de temps. Il n'y avait aucun danger.

Il faisait vraiment très lourd. L'orage se sentait à plusieurs kilomètres, et le vent s'était tut depuis un bon bout de temps. Le silence s'abattait sur le village d'ordinaire si vivant. Les adultes, qui ne pouvaient s'empêcher d'être inquiet, gardaient leurs enfants à l'intérieur, bien au frais.

Bouton d'Or faisait partit des petits enfermés chez eux. Il détestait rester à l'intérieur. Ce n'était pas du tout son élément, il préférait jouer dans la forêt, à l'ombre des chênes.

C'est comme cela qu'il s'enfuit de chez lui. Sa mère et son père étaient dans leur chambre et ne surveillait pas le stoufix. Il fût donc simple pour lui de pousser la petite planche de bois qui servait de porte et de sortir dehors comme à son habitude.

Le village était désert. Il n'y avait personne, et l'endroit semblait quasi abandonné. Cela pouvait faire froid dans le dos. Tout le monde était resté dans leur maison respectives, et il n'y avait plus un bruit dans le village d'ordinaire si bruyant. Bouton d'Or ne se posa pas tant de questions que ça et partit dans la forêt.

Là-bas, même chose. Les oiseaux s'était tut eux aussi, et les feuilles ne bruissaient plus paresseusement comme à leur habitude. On entendait le petit murmure du ruisseau, mais c'était le seul bruit qui venait troubler le silence de la forêt d'ordinaire si rassurante. Bouton d'Or n'y prit pas tellement attention et joua comme à son habitude près du cours d'eau.

Il s'amusa pendant près d'une heure, où rien de notable ne se produit. La forêt était toujours aussi silencieuse, mais le jeune stoufix, ne pensant qu'à s'amuser, ne le remarquai même plus.

Alors qu'il pataugeait dans le petit ruisseau, l'ambiance de la forêt déjà bien oppressante le devint encore plus. Un éclair zébra alors le ciel, et s'abbatit tout près du petit. Il entendit d'abord son grondement, puis sursauta en voyant l'éclair s'abbattre sur l'arbre qui prît feu. Il sentait déjà l'odeur du brûlé que dégageait le végétal, et, mort de peur, s'empressait de retourner au village. Il regrettait maintenant d'avoir désobéi à ces parents pour sortir. Il se rappelait très bien qu'il ne fallait pas aller dans la forêt en temps d'orage, mais n'y avait jamais trop cru... Triste erreur.

Bouton d'Or fût très vite de retour au village, et repéra très vite ses parents qui l'attendaient dehors, s'étant aperçus de son absence. Il se précipita vers eux, et sa mère, ne cherchant pas à comprendre, l'emmena directement à l'intérieur. Ils le grondèrent un peu pour sa bêtise, mais le coeur n'y étais pas, et bien vite, le petit se retrouva dans les bras de ses parents, qui, en larmes, lui contait combien ils s'était inquiétés pour lui.

La journée se termina ainsi, laissant sa place à la nuit. L'orage continuait toujours de tonner, mais Bouton d'Or n'en avait plus vraiment peur : il était à l'abri, avec ses parents, dans sa petite maison de bois, bien au chaud. Il s'endormit très vite dans les bras de ses parents, épuisé par l'émotion qui l'avait envahi tout du long de la journée.

**

Le jeune stoufix se réveilla en sursaut, réveillé par les cris paniqués de ses parents qui le secouait, lui hurlant de sortir de la maison. Le petit ne voyait que des flammes et l'odeur du brûlé dominait toutes les autres. Un éclair était tombé sur la petite chaumière et le feu avait prit.

Bouton d'Or savait qu'il devait s'en aller, mais il en était incapable. Ses membres refusaient de bouger. Il ne pouvait qu'hurler et pleurer, et assister aux moults tentatives de sauvetage venant de ses parents, qui tant bien que mal, essayaient de le hisser jusqu'à la sortie.

La fumée envahissa peu à peu la vue du stoufix, et l'odeur maléfique du bois brûlé dominait son odorat. Il avait de plus en plus de mal à respirer, asphixié par la fumée qui réduisait toute l'oxygène présente en cendres, la transformant en du gaz carbonique. Sa vue commença peu à peu à se réduire, et son souffle était de moins en moins audible. Il sentit qu'il était à l'air libre -peut-être ces parents avaient-ils réussis à le tirer de là- mais malgré tout ces efforts, il n'arrivait pas à évacuer le mauvais air qui s'était emparé de lui, toussant et toussant encore. Il entendait faiblement la voix de ses parents, désemparés, lui hurler de s'en sortir, chose qu'il n'arrivait pas à faire.

Puis, il vit une lumière au loin. Elle était brillante, et il arrivait à la voir sans difficultés. Bouton d'Or fixa cette lumière des yeux, cette simple chose rassurante au milieu de tant d'autres choses qui n'arrivait quasiment plus à percevoir. La lumière se rapprochait de lui à une vitesse folle, qui pour lui sembla durer des heures. Elle finit par l'envelopper doucement, en un doux halo, ce qui l'apaisa tout doucement, l'emmenant dans les douce lymbes de la Mort.

Soudain, la lumière éclatante s'assombrit jusqu'à devenir noire d'encre. Bouton d'Or n'était plus rassuré du tout, et un froid mordant s'empara de lui, ce qui fît frissonner son petit corps fragile. Tout autour de lui, il ne voyait que ces ténèbres. Il avait mal de part en part, sentant d'un coup son coeur qui ne battait quasiment plus battre à toute vitesse dans sa poitrine, puis s'arrêter net. Il ne sentait plus rien, son odorat était coupé : l'odeur du calciné avait disparu. Il n'entendait plus rien, le silence était maître. Il ne voyait plus sa famille, plus le village, plus le feu. Non, il voyait autre chose dans cet abîme...

Une feuille de papier. Une simple feuille qui voletait de part et d'autres de sa vision. Quelque chose s'écrivait dessus, à toute vitesse, et sembla se poser non loin de lui. Il eût juste le temps de lire ces quelques mots :

N'avez vous pas déjà remarqué un petit fanfaron sautillant parmi les fleurs ?

Tout sourire, tout joyeux, il est la petite lueur de son village, si calme et si doux...

Une petite boule de paix et d'insouciance.

~~

Mais quand un éclair mauvais vint troubler son existence,

Petit Bouton, les oreilles couchées, part vite se mettre à l'abri.

Mais malheureusement ce fût de courte durée,

Car une ombre l'a déjà attrapé... [...]


Puis il entendit un rire strident.

Il ne se sentait pas en paix avec lui-même...

Il se sentit alors sortir de son corps,

Puis ce fût la perte de conscience.

Malgré tout, quelque chose subsiste encore...

Une âme en peine sanglotante,

Arpente toujours les rues calcinées du village...

On y entend ses rires, et ses sanglots...

Il semble vouloir quelque chose...

Il veut juste qu'on le rassure,

Et qu'on le délivre enfin,

De l'Ombre qui l'enchaine en ce monde...


L'image utilisée provient du site de Gothicat World.
Vous pouvez accéder à l'histoire originale ici
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À propos

photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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