la-sourceLa source - chapitre 6 - premier combat 

vendredi 13 février 2015 par eclia fantastique
Le groupe se mit alors en marche et quittèrent la ville au lever du soleil, comme le Conseil l'avait décidé plus tôt. Ils arrivèrent très vite à l'orée d'une forêt qui avait l'air plutôt profonde, semblable à celle qu'ils avaient traversés un peu plus tôt.
- Nous allons traverser la forêt dans le sens de la largeur. On devrait y rester au moins deux jours, dit Davin. Faites attention où vous marchez, c'est un lieu encore très sauvage.
Ils se mirent alors à cheminer dans la forêt, qui devenait de plus en plus sombre au fur et à mesure qu'ils avançaient. C'était plutôt effrayant. Le bois sec craquait sous les pieds des voyageurs, faisant fuir les quelques oiseaux et écureuils en quête de nourriture. Il y avait des ronces un peu partout. Ce n'était pas très commun pour une forêt au bord d'une bourgade. Evlyn, qui n'avait pas vraiment l'habitude de marcher dans des forêts, avait tendance à ne pas regarder où elle mettait les pieds et à manquer de trébucher à chaque racine, ce qui attirèrent les éclats de rire de ses compagnons.
- Ben dis-donc, t'as jamais voyagé de ta vie ou quoi ? riait Lyanna, ses oreilles bougeant d'un air amusé et sa queue frétillante.
- Là d'où je viens, c'est plat, répondit froidement la jeune femme. La femme-louve ne lui répondit pas et la regarda d'un air triste avant de tourner la tête et de regarder droit devant elle. La jeune femme ne la remarqua pas, trop occupée à observer les alentours et à épier le moindre danger qui pouvait arriver d'un instant à l'autre.

Pendant ce trajet, le jeune elfe essaya de se rapprocher un peu d'Evlyn en parlant avec elle. Clem se montrait vraiment très gentil et n'avait aucune mauvaise intention, ce qui faisait que l'Errante n'avait pas trop de mal à parler avec lui, même si elle avait souvent envie de lui mettre quelques claques bien placées à cause de ses questions insistantes. Ça devait être une vraie tradition ici !
- Alors, à quoi ressemblait ton monde ?
- Ben y'a pas d'elfe, ni aucune personne bizarre en fait. Ils sont tous comme moi.
- Comme des clones ?
Elle soupira face à cette question idiote, puis se rendit compte qu'il n'avait aucune idée de ce à quoi ressemblait ce petit coin de paradis qu'elle appelait Terre.
- Non, ils ne me ressemblent pas tous, heureusement ! Ils sont comme les heu... humains de ce pays, si tu vois ce que je veux dire.
Keln décida alors de se joindre à la conversation.
- Ça doit être triste alors, sans les elfes, les félins, les galnyrs, les fées, les nains, les trölls... murmura-t-il du bout des lèvres.
- Ce n'est pas si triste en fait. Chez moi, ils existent, mais d'une manière détournée. Ils habitent les esprits des gens qui se délectent d'histoires fantastiques, bien qu'ils aient souvent des noms différents. C'est le genre d'histoires que j’écrivais, avant d'arriver ici. J'ai mon carnet là si tu veux.
- Je ne sais pas lire, se contenta-t-il de dire, l'air triste. Mes parents n'ont jamais pu me payer une éducation convenable.
Clem, qui était resté silencieux jusque-là, reprit la parole.
- Pour ma part, je ne sais pas lire les "boucles humaines" non plus, si c'est bien la même écriture qu'ici que tu exerces. Je connais juste les runes elfiques, et les bases, assez pour avoir pu être initié à la Magie quand j'étais petit. Tout les elfes, ici, ont un flux de cette Magie qu'ils ouvrent au fur et à mesure de leur apprentissage.
Evlyn en resta éberlué. Alors ce jeune elfe connaissait des tours de magie comme... Une boule de feu ou un mur d'eau par exemple ?
- Mais c'est quoi comme genre de magie ?
- Oh, c'est assez spécial pour ma part. J'excelle dans les Pensées, la magie de Lumière. Mon ouïe s'est sur-développé et je peut lire dans les pensées des gens -bien que ce soit très limité-. J'arrive aussi à comprendre les animaux et à les aider. J'arrive aussi à faire apparaître une sorte de bougie magique qui reste allumée tout le temps et qui éclaire très bien. C'est à peu près tout ce que j'ai appris. pour l'instant, et je crains bien que ce ne soit les seules choses que je puisses apprendre.
Les deux humains étaient émerveillés. Pour Keln, ce n'était pas vraiment de la légende, mais il n'avait jamais eu l'occasion d'en apprendre plus sur cet art et n'y connaissait absolument rien. Pour Evlyn, cela relevait tout simplement des légendes que racontaient les livres d'histoires.
- J'aimerais bien faire de la magie moi. Élever des murs d'eau, faire apparaître de la lumière en claquant des doigts, faire apparaître une tornade et raser tout ce qu'il ne me plaît pas... dit la jeune femme, les yeux dans le vague.
L'elfe rit un peu avant de dire :
- Tu ne pourrais pas faire tout cela à la fois ! On ne peut pas maîtriser la Lumière, l'Eau et l'Air à la fois, bien que ce que tu me dis, relèverais plutôt d'une sorte de magie de l'Air noire. Si tu aurais été un elfe, tu aurais sur-développé un de tes cinq sens et tu aurait subit une initiation à cet art. Et on aurait vu le type de magie que tu renfermes, selon ton sens sur-développé. Avec l'ouïe par exemple, je maîtrise la Lumière, qui est un domaine très vaste. Avec un autre sens, j'en aurais très sûrement maîtrisé un autre. Ils sont tous aussi grands par contre, et ont une tonne de déclinaisons.
Devant cet étalage de savoir, les deux autres ne purent pas retenir leur admiration. De là Evlyn décida qu'elle aimerait bien Clem, qui lui semblait si bienveillant et rassurant.

Le reste de la traversée aurait pu se dérouler sans souci notables, mais ce ne fût pas le cas. Vers midi, quand le petit groupe s'arrêta pour manger, des grondements se firent entendre dans les fourrés. Ce fût Clem qui s'en rendit compte le premier. Il le rapporta au chef de l'expédition, qui dégaina tout de suite son arme, aux aguets. Les autres s'étaient rassemblés sous un arbre, s'arrêtant soudainement de manger et paralysés par la peur, écoutant les bruits de pas discrets de la ou les bêtes qui tournaient autour de leur campement de fortune.
Le plus pétrifié était Blorm, qui n'osait même pas bouger la tête d'un millimètre. De la sueur froide coulait sur son visage. Le petit groupe s'en rendit vite compte, mais même Evlyn, bien que curieuse, ne dit rien, respectant le silence effrayé de ses compagnons.

Clem, aux aguets, sortit son épée, consulta Davin du regard, hocha la tête puis s'avança tout doucement vers les fourrés, avant de reculer brusquement.
- Qu'est-ce qui se passe ? demanda Evlyn, surprise du mouvement soudain de son guide.
- Ils sont plusieurs. Des loups. J'en ai déjà vu deux tout près de ces buissons, et d'autres rôdent sûrement autour de nous. Ils sont trop nombreux pour que j'essaie de les raisonner... Et... -il se tourna vers Blorm, inquiet- ils ont l'air affamés.
A ces mots, le galnyr se leva à toute vitesse, la peur lui donnant des ailes, et partit en courant encore plus profondément dans la forêt, hurlant le plus fort possible. Les loups, qui semblaient n'attendre que ça, s'élancèrent à sa poursuite dans un mouvement sauvage et féroce. Tous sauf un.

Ce dernier, au pelage gris-blanc, semblait imposants et était doté de solides muscles. Ses énormes pattes griffues pourraient abattre sans souci un gros lièvre. Ses yeux, emplis d'intelligence et d'appétit, brillaient dans les ténèbres ambiantes et se baladaient d'une proie à l'autre, ne sachant que choisir. A sa carrure impressionante, on pouvait aisément deviner que l'animal n'était autre que le chef de meute.
Après une longue hésitation, ses yeux se posèrent sur la jeune femme aux cheveux noirs, cachée sans être cachée près d'un grand arbre, semblant partagée entre la peur et une énorme curiosité. Curiosité qui irrita le loup. Il se mit à grogner et montra ses crocs, un filet de bave coulant au passage.

Evlyn remarqua très vite qu'elle était sa proie, recula près de l'arbre, sa curiosité disparaissant, laissant place à la peur d'une mort certaine. Mort qu'elle n'elle ne méritait pas, n'ayant jamais commis aucun méfait et étant bien trop jeune. Elle reporta son regard sur Davin, qui la regardait d'une manière étrange, presque inquiétante, essayant d'afficher une grimace de compassion. C'était comme si pour lui, la jeune femme était morte et étalée par terre, ou en train de se faire manger par le loup. Très réconfortant. Il ne sortit même pas son épée, se contentant d'être un simple spectateur, ne partant même pas à la recherche de Blorm à défaut de prendre sa défense. Elle eût une pensée furtive pour le pauvre galnyr. A cette heure, il avait dû se faire tuer... C'était vraiment dommage. La compagnie de ce petit homme hors du commun lui plaisait après tout.

La bête prenait son temps, étudiant l'Errante et se délectant de la peur et de la tristesse qui emplissaient ses beaux yeux couleur émeraude. Il avait faim, mais le comportement de la jeune femme, amusant, valait pour lui toute la nourriture du monde. Quel plaisir cela lui procurait-il ! S'il aurait pu sourire, ce serait un sourire carnassier et amusé qui se serait dessiné sur son visage.
Après une bonne trentaine de secondes, il décida qu'il avait assez fait souffert la victime. Il s'élança sur elle, droit sur son coup, la gueule grande ouverte, ses crocs et ses griffes prêts à déchiqueter.

A cet instant, Evlyn ne pensa plus à rien. Tout semblait se dérouler au ralenti. Une petite pensée arriva à son cerveau malgré tout. Sa vie aura été bien courte, et sa mort complètement ridicule. Elle n'avait même pas d'armes pour se défendre, et les autres se fichaient de ce qu'il lui arrivait ! Une petite larme coula sur son visage trempé de transpiration.

Puis se fut le noir complet.
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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