la-sourceLa source - chapitre 2 - errance 

vendredi 02 janvier 2015 par eclia fantastique
Evlyn se trouvait maintenant dans une vaste pinède composée de grands sapins comme l'on en voyait dans les reportages sur le grand Nord à la télévision. Il faisait très froid, malgré les environs dépourvus de neige. Au sol, on pouvait observer une herbe glacée, qui paraissait craquer sous les doigts et qui n'était sûrement pas très bonne à brouter pour les animaux du coin – s'il y en avait –. Aucune fleur ne s'y cachait. C'était seulement de l'herbe, surmontée de quelques sapins.
Les arbres en question étaient majestueux. Ils étaient grands et très proches les uns des autres, certains se couvrant mutuellement de leurs aiguilles. Elle n'en avait jamais vu d'aussi beaux. Les autres végétaux, si fragiles, auraient presque pu s'incliner devant les conifères géants tant ils inspiraient le respect et l'autorité. Le ciel était envahi par de sinistres nuages de pluie, masquant totalement le soleil, et rendant le jour très sombre, effet accentué par la forêt qui semblait épaisse. C'était de bien mauvaise augure.

Lors de cette brève observation, la jeune femme finit par retrouver peu à peu ses esprits. Elle ne se tenait plus dans son sud, ça, c'était sûr. Elle avait changé d'endroit en étant aspiré par de la pierre... Evlyn rit doucement à cette idée. C'était n'importe quoi, inconcevable même ! Elle rêvait, c'était sûr et certain. Il n'y avait pas d'autres explications possibles. Tout cela était irréel, et elle n'allait pas tarder à se réveiller dans son lit, un matin d'été, comme celui qu'elle venait de quitter. Elle considéra du regard son carnet qui gisait par terre, bien fragile sans son fidèle stylo. Il faisait tellement de peine comme cela que la jeune fille faillit même lâcher une petite larme, bien que ce soit complètement idiot. Elle n'avait pas l'habitude de le voir ainsi, et elle commençait tout juste à se rendre compte qu'elle ne pourrait plus écrire, ce qui finit de l'attrister. Elle se consola en peu en se disant qu'au moins, elle avait un peu de lecture. Il était hors de question de le faire brûler pour un feu ceci dit. La perdue commença à marcher un peu, se promenant le long des sapins, carnet à la main. Tant qu'à rêver, autant en profiter en se rinçant l’œil avec ce magnifique paysage qui lui était offert.

Durant les heures suivantes, Evlyn continuait à marcher au hasard, empruntant des bifurcations et en ayant de plus en plus froid. En chemin, elle croisa un petit lapin sauvage qui s'enfuit à son approche, ainsi que quelques corbeaux qui voletaient çà et là. Rien de bien extraordinaire en somme. Elle se sentait encore plus seule qu'avant, et, pour une fois, n'aurait pas dit non à un peu de compagnie. Cet endroit n'était guère accueillant et elle commençait vraiment à s'ennuyer, ne pouvant écrire ou observer la vie trépidante des autres. Sa seule occupation était d'errer jusqu'à son réveil. Magnifique.
Elle fût très vite lassée du paysage. Après tout, ce n'était qu'une forêt de sapins, et mêmes s'ils étaient particulièrement beaux, majestueux et couverts de givre, ils restaient des sapins. Tout se ressemblait terriblement, sans aucune variante. Le paysage était composé uniquement de sapins, de sapins, et encore de sapins. Peut-être tournait-elle en rond ? La jeune femme n'en savait rien et n'avait même pas envie de savoir, pour tout dire. Ce qu'elle voulait savoir en ce moment, c'était quand ce fichu rêve allait se terminer. Il n'était franchement pas agréable, et elle commençait à s'énerver toute seule. De plus, les nuages étaient plus gris que jamais. Elle sentait arriver une tempête de neige, probablement accompagnée de grêle. Et subir une tempête de grêle sans pouvoir s'abriter, c'est... autant dire que c'est assez douloureux. Très douloureux même, suivant la taille des glaçons. Elle n'en avait jamais fait l'expérience et n'en avait pas le moins du monde envie, mais, sans trop savoir pourquoi, elle ne se mit pas à la recherche d'un abri. Il faut dire qu'elle n'avait plus toute sa tête.

Elle erra jusqu'au soir, et c'est à ce moment-là que ce qui devait arriver arriva. La grêle se mit à tomber, heurtant avec fracas le crâne d'Evlyn. Cela faisait affreusement mal, mais les grêlons étaient petits – heureusement – et ne risquaient pas de lui causer un traumatisme crânien ou quelque chose d'assez regrettable dans le genre. Pour le moment, son crâne ne saignait même pas, mais était juste constellé de bleus.
La jeune femme chercha désespérément un abri. Sous un arbre, ce n'était clairement pas une bonne idée puisqu'elle était déjà sous les arbres et que les glaçons ne se privaient pas de frapper sa pauvre tête régulièrement. Sous de la pierre aurait été une bonne solution, mais elle n'en avait pas vu, bien que des montagnes semblaient précéder la forêt au loin... C'était cela ! Les montagnes! Il fallait qu'elle coure jusqu'aux abords des montagnes, où elle pourrait sûrement s'abriter sous un renfoncement ou peut-être même dans une grotte avec un peu de chance. Avec toute l'énergie du désespoir, elle se mit à courir, mais les montagnes étaient beaucoup trop loin pour qu'elle puisse les atteindre en cinq minutes. Ou même dix. Après vingt minutes de course effrénée, elle se rendit à l'évidence. Elle ne pouvait pas arriver là-bas avant plusieurs jours, c'était impossible, et elle avait été idiote de croire le contraire. Pour parfaire le tout, courir sur l'herbe glissante l'avait épuisée, elle était gelée et son estomac réclamait de la nourriture à grand cris.

Elle ne savait plus quoi faire. Il fallait qu'elle se réveille maintenant, ce n'était pas possible d'en rester là. Elle ne tenait pas à mourir, que ce soit dans un rêve ou non.
Elle se remit à chercher un abri là où elle se trouvait, et, comble de chance, finit par dénicher une petite grotte sous un arbre, bien cachée par l'herbe haute et la végétation ambiante. Elle n'avait pas l'air bien profonde : la jeune femme en voyait le fond facilement et il suffirait juste de se glisser dans la cavité pour arriver en bas sans blessures, ce qu'elle fît sans se poser de questions. Elle découvrit alors que cette grotte avait l'air de s'enfoncer assez loin, à voir les nombreuses galeries qui semblaient descendre au fin fond des entrailles de la Terre – du moins si elle se trouvait bien sur Terre –. Evlyn, par prudence, ne s'y risqua pas. Elle était très curieuse mais son aventure l'avait rendue beaucoup plus prudente. Après s'être perdue dans une forêt labyrinthique, il ne faudrait pas qu'elle se perde au fin fond d'une galerie souterraine. Elle s'assit dans un coin, là où elle pouvait voir la grêle tomber, et commença à lire son carnet qu'elle avait cachée sous son t-shirt, et qui, heureusement, n'était pas trop détrempé et encore lisible malgré la pluie.

A la nuit tombée, la grêle s'était transformée en une pluie fine. Elle entendait des bruits qui s'apparentaient à des battements d'ailes de chauve-souris dans les couloirs. Elles devaient probablement se réveiller afin de chasser des insectes à l'extérieur. Evlyn, malgré sa faim et son corps frigorifié, avait sommeil et ferma les yeux, tentant de s'endormir sur le sol dur et froid de la grotte. Elle reprendrait son errance le lendemain, ne voulant pas se perdre encore plus pendant la nuit où elle ne verrait plus rien.

Elle eut du mal à s'endormir, mais la nuit s'écoula sans le moindre souci. Rien ne vint la déranger, et elle ne dérangea rien non plus.

Quand le jour se leva enfin, il faisait beau, mais toujours aussi froid, malgré le grand soleil qui éclairait la pinède. La jeune femme avait dû se réveiller assez tôt, à en juger par le ciel qui paraissait encore un peu rose. Elle sortit de la grotte et recommença sa marche, son estomac toujours aussi vide, espérant de tout cœur tomber sur une civilisation ou quelqu'un, voire même sur un simple animal qu'elle pourrait apprivoiser. Juste... quelque chose.

C'est vers midi qu'elle entendit des bruits de pas. Evlyn s'arrêta, aux aguets. Ces pas semblaient venir de derrière elle. La jeune femme se retourna alors et aperçu un homme grand à forte carrure avancer vers elle, une grosse hache à la main. Son sang se figea. Voulait-il la tuer... Ou simplement la saluer ?
Elle prit la carte de la confiance et l'attendit sans trop savoir pourquoi. Plus il avançait, plus elle pouvait distinguer son visage. Ses cheveux châtains étaient en bataille, des mèches partant dans tout les sens. Il avançait plutôt lourdement, comme s'il était chargé.
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photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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