mes-ecritsL'enchanteur 

samedi 05 avril 2014 par eclia nouvelle
L'enchanteur était vieux, très vieux. Il avait de longs cheveux blancs comme la neige, tombant encascades, frisés, et portait une longue robe bleu nuit, ainsi qu'un chapeau pointu de la mêmecouleur. Comme à son habitude, il préparait une de ses potions dans sa tour, meublée d'un pupitre,où trônait un grand grimoire, de bibliothèques partout sur les murs, et d'un grandchaudron, usé par le temps, pour réparer les maux de la pauvre Elyne, jeune paysanne duvillage, qui était atteinte du choléra, provoquée en buvant la mauvaise eau, qui se trouvait aux abords du village, près de la mine.

L'enchanteur choisissait ses ingrédients avec grand soin. Un grimoire, posé sur un pupitre, à côté du chaudron, mentionnait qu'un seul ingrédient mal choisi causerait la perte de son créateur. C'est une des premières règles de l'Alchimiste, et c'est ce qui faisait le plus grand danger du métier, et la chose la plus redoutée par tout les jeunes hommes qui voulaient se lancer dans cette carrière.

Le vieil homme prit un petit peu de poussière d'étoiles, et le versa dans la potion.

Malheureusement, cette erreur fût fatale. Un nuage blanc envahit la petite pièce étroite. Le magicien toussa plusieurs fois, et s'écroula, raide mort, sur le sol.


**

- Monsieur Keï, dites moi quel est le nom de la potion qu'il ne faut en aucun cas faire ?

Je me réveillais en sursaut, les yeux grands ouverts.

Mon nom ? Keï Huln'a. Je suis un jeune étudiant dans l'art de l'enchantement, et de la fabrication des potions. La carrière que je désires faire est « enchanteur ». Je ne prête pas beaucoup d'attention aux cours, je préfère expérimenter moi-même, mais la professeur n'a jamais voulu que j'essaye une chose. Je me demandes bien pourquoi d'ailleurs...

Je suis un jeune adolescent. J'ai dix-sept ans, et je suis assez impulsif. Je suis assez grand, ni trop gros, ni trop maigre. J'ai des cheveux auburn, et des yeux d'un bleu marine profond.

- Le nom de la potion ? Heu... Laissez-moi réfléchir...

Je ne le savais bien évidemment pas. Je m'étais endormi quand ils devaient en parler... Erreur fatale.

- Vous ne le savez pas. Cela fait déjà beaucoup trop longtemps que vous faites la sieste pendant les cours, Monsieur Keï. Je vais devoir prendre des mesures pour le bon déroulement de votre scolarité : soit vous dormez, soit vous griffonnez je ne sais quoi sur un morceau de papier, soit vous papotez avec votre voisin... Mais jamais, au grand jamais, vous n'écoutez mes cours ! Cela va en pâtir sur votre futur métier, Keï, tonna ma professeur d'alchimie.

Cette dernière était assez petite, assez finette, et faisait penser à une sorcière, avec son long nez crochu. Elle était blonde, avec des yeux verts. Cette professeur était réputée pour sa sévérité, et sa non-tolérance sur les élèves qui n'écoutaient pas les cours. J'ai pu plusieurs fois en profiter, croyez-moi...

- Bien, le nom de la potion est Mortaveïlucas, elle donne la mort à quiconque la bois. Elle est formellement interdite par la loi des enchanteurs. Si jamais je vous prends en flagrant délit de la fabriquer, je serai malheureusement obligée d'en parler au proviseur, et de vous renvoyer définitivement de cette école des Enchanteurs.

Et elle repartit redonner son cours, long et ennuyeux, aux élèves qui voulaient bien travailler.

Pendant ce temps, je repensais au rêve que j'avais fait, avant que la prof ne l'interrompe avec sa question.

Un enchanteur qui mourrait... Ce n'est pas vraiment le genre de rêve que tout le monde ferait, non ? Pour ma part, je ne pense pas. Mais il ne valait mieux pas que j'essaie d'en comprendre la signification, ces choses me dépassent au plus haut point.

J'essayais d'écouter un petit peu le cours, pris note des devoirs... Et la cloche sonna, grande fée bienveillante – d'ailleurs aussi la seule amie des élèves – qui voulait bien nous montrer la porte, l'échappatoire de ces instruments de torture que sont les cours !

**

Je sortis de la salle de classe, comme à mon habitude, en essayant de rester le plus calme possible, tout en me pressant un peu. Je partis dans le couloir au sol de marbre et aux murs couleur beige pour rejoindre les dortoirs, l'endroit où je passais ma nuit étant interne, et où j'attendrais patiemment le dîner.

Arrivé là-bas, je vis avec surprise que Unak et Kalder m'attendait, affalé sur les fauteuils de la salle commune à tout les élèves.

Dans cette salle, il y avait la porte vers les différents dortoirs – il y en avait au moins cinq – , et d'innombrables fauteuils, agrémentés de tables, qui nous permettait de faire nos devoirs en toute tranquillité – ou presque – et de discuter entre amis.

La salle était chauffée, mais pas beaucoup, parce que le proviseur et sa secrétaire-aux-yeux-de-pie voulait à tout prix faire des économies de chauffage, et du coup... L'hiver il faisait froid. Vraiment très froid.

Je m'avançais vers mes deux amis, tout joyeux, pour savoir ce qu'ils avaient à me raconter. Ce n'était vraiment pas dans leur habitude de m'attendre comme cela...

Unak était un jeune garçon, trapu, brun, et aux yeux d'ambre mélangé à un peu de vert, ce qui donnait un résultat assez... extraordinaire ?
C'était, tout comme moi, le bon dernier de sa classe, et il ne faisait pas vraiment attention à son grade. C'était un garçon plutôt... extraordinairement calme, et il ne s'inquiétait pas plus que sa pour sa future carrière, même si elle risquait de tomber à l'eau s'il ne faisait pas plus d'efforts.

Kalder, quant à lui, était un jeune garçon grand et maigre, tout le contraire d'Unak. Il était roux, et avait des lunettes qui cachait ses yeux d'un gris intense, ce qui lui donnait vraiment une tête de premier de la classe. Ce n'était, quant à lui, ni le dernier, ni le premier de sa classe, et arrivait péniblement à se hisser dans les dix premières places, après d'énormes efforts et de temps passé à la bibliothèque. C'était un stressé notoire, et il ne faisait pas le quart de ce qu'il disait. Néanmoins, c'était un bon ami.

C'était Unak qui pris la parole le premier :
- Hé ! Keï ! Tu sais ce qu'on raconte dans le journal, depuis la dernière édition qui vient de sortir ?

- Heu... Non... – je regardais ma montre, il était dix-huit-heures, heure à laquelle nous recevons le journal dans nos salle respectives – qu'est-ce que ça dit ?

C'est là que Kalder m'avoua, d'une voix tremblotante :

- Lin'Xhel, l'enchanteur le plus réputé du patelin, est... mort... en voulant préparer une potion contre le choléra, si on en crois les archives qu'il a laissé derrière lui... Il aurait fait une erreur dans la potion.

**

- QUOI ? Avais-je hurlé. C'était une grande perte pour notre monde, effectivement. Rare était ceux qui arrivaient à ses chevilles, et il avait été le créateur de nombre de potions que l'on utilisait maintenant.

- Ne t'en fait pas Keï, avait dit Unak. Tu sais, ce sont toujours les meilleurs qui partent en premier, tu le vois bien... Et puis sa ne nous embêtera pas dans nos études, me consola-t-il en souriant.

Je hochais la tête machinalement. Une autre chose me trottait dans la tête maintenant, et je ne l'expliquais pas : j'avais vu cet enchanteur mourir dans mon rêve ! Un avertissement, ou un simple coïncidence ? Difficile de savoir.

Je me gardais bien de le dire à mes deux amis. Des choses doivent rester secrète, et celle-ci le devait absolument. Les gens allait me prendre pour un fou !

Je ne connaissais pas la nature de cette chose. Je me rabâchais mon rêve, dans l'espoir de trouver quelque chose... Mais rien, sauf ce qu'il y avait écrit sur ce grimoire... Une faute sur la potion est égale à une mort imminente. C'était quelque chose que je ne savais pas, et si cela était vrai, je pouvais comprendre pourquoi ma prof d'alchimie ne voulait pas faire d'essai à l'improviste total. Mais ça ne pouvait pas être cela...

Ce soir-là, je n'avais pas dormi de la nuit. Mon cerveau marchait à cinquante à l'heure.

Après plusieurs heures de réflexion, je pensais avoir une hypothèse assez pertinente :

Ce « rêve » que j'avais fait, était sans nul doute un avertissement, qu'un mage puissant avait dû me lancer. Pourquoi ? Je n'en savais rien. Tout ce que je pouvais espérer, c'est qu'il ne me refasse plus ce sale coup...

**

Cela faisait déjà quelques jours que cet accident avait eu lieu. Je m'y étais fait, et m'efforçais de ne plus y penser, et de me concentrer le plus possible sur mes études.

Un soir, en faisant mes devoirs, tout seul dans un coin du petit hall qui menait à tout les dortoirs, assis sur une chaise devant un petit bureau, je tombais sur un petit papier qui avait manifestement été glissé dans mon cahier d'Alchimie. Je m'empressais de le lire :

Cher Keï,
Nous savons tout. Nous savons tout pour ton rêve. Nous savons pour Lin'Xhel. Nous avons la solution.
Viens nous voir demain soir, à vingt-et-une heure tapante. Dans le grand hall.
Cordialement, l'Ordre des Élites.


J'étais très étonné. L'Ordre des Élites... Cela me disait quelque chose, mais je ne savais plus quoi. Cela ne me donnait pas une réponse plausible à mes questions : comment avait-il fait pour savoir que j'avais fait ce rêve ? Comment connaissait-ils mon nom ?

Pour ce qui est du nom, ils avaient dû le trouver sur la liste des élèves... Mais je n'en étais pas si sûr.

M'espionnais-t-on pour connaître toutes ses informations ?

Je décidais alors d'aller à ce fameux rendez-vous demain soir, et connaître peut-être enfin le pourquoi du comment de toutes ces questions, s'ils ont la réponse.

Je finis mes devoirs en vitesse, et courut dans mon lit dormir, impatient de voir se pointer la nouvelle journée, qui apporterait, je pense, son lot de sensations fortes.

A suivre...

Un grand merci à Mmc pour toutes ses petites images, elles sont très jolies :3
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À propos

photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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