essaisAutisme : j'accuse ! - hugo horiot - essai/psychologie 

mercredi 21 novembre 2018 par eclia essai, psychologie



4e de couverture
Hugo Horiot est devenu, en quelques années, le porteparole de ses pairs autistes. La rage au cœur, il l’affirme : non, les personnes autistes ne sont pas déficientes. Elles ne doivent plus être exclues par une société normative qui se refuse à les entendre.
Sait-on que, dans la Silicon Valley, les start-up comptent nombre d’ingénieurs autistes ? Que des entreprises comme Microsoft recherchent leurs compétences hors normes ? Que l’armée israélienne soumet à leur puissance de décryptage des photos aériennes ? Qu’en Suède, leur scolarisation est un droit civique ? Qu’avec leur atypisme, les personnes autistes sauront manier, mieux que quiconque, l’intelligence artificielle ?
Ce vibrant manifeste, traversé d’un vent d’orage, nous dévoile une autre intelligence, méconnue, un autre langage. Il bouleverse notre regard et nous convainc qu’un autre monde est possible.

Auteur : Hugo Horiot
Type : Essai
Genre : Psychologie
Dernière édition : 2018 (L'Iconoclaste)
Prix : 17€


Mon avis


Si vous me suivez sur YouTube, vous savez qu’en ce moment je lis pas mal de livres sur l’autisme. Et pour cause : j’ai moi-même était diagnostiquée Asperger il y a quelques mois.
Autisme : j’accuse m’a attirée. J’étais curieuse de connaître quelle était les conditions de vie des autistes dans la société, et à quoi je devais m’attendre pour mon futur.

Ce livre est donc un essai d’Hugo Horiot, un autiste pas mal médiatisé dans la sphère. Il est comédien et est connu notamment pour son témoignagel’Empereur c’est Moi et son Carnet d’un Imposteur. Dans cet essai, il revient avec virulence sur la vie des autistes dans la société et milite pour une société plus égalitaire vis-à-vis de cette population.

Il y a de très bonnes choses dans cet essai. J’ai appris énormément de choses et ça m’a permis de me plonger un peu plus dans une sphère qui est maintenant la mienne, de comprendre les problématiques politiques qui m’entourent et les revendications des différents groupes.
Je me suis notamment rendue compte que les autistes influençaient particulièrement la société ; nombre de grandes figures de la culture populaire sont des autistes (le créateur de Pokémon l’était, c’est le personnage qui m’a le plus marqué étant donné que j’étais une fanatique de Pokémon plus jeune). Ils ont aussi de très grandes capacités dans la recherche d’erreurs, les travaux de précision, ce qui rend la Silicon Valley particulièrement apte à en embaucher (d’ailleurs, aux US, les Asperger sont très recherchés!).
Cet aspect informatif est vraiment, vraiment bien, pour une concernée, comme moi, mais aussi pour les autres : les proches de concernés aussi bien que les gens plus lointains à cette problématique mais soucieux du sort des autres sphères de la société.
Parce que oui,les autistes sont aussi extrêmement persécutés par la France, et l’auteur s’efforce de nous peindre cette situation de la manière la plus claire et intérieure possible.

Hugo Horiot écrit aussi merveilleusement bien. J’ai vraiment accroché à son style d’écriture, très froid, incisif, ironique. Le livre est très rapide à lire, l’écriture très fluide, j’ai mis à peine quelques heures pour lire les 150 petites pages qui le constituent.

Mais, car il y a un mais, et pour moi, un mais assez imposant.Hugo Horiot est un militant, il est en colère et souhaite voir ses pairs enfin reconnus pour ce qu’ils sont. Il va alors s’exprimer avec une grande violence, qui m’a parfois dérangée. La population autiste souffre énormément, ce qui a fait naître une sorte de neurotypie-phobie, et c’est ce que dépeint Hugo Horiot par le biais de certains personnages dont il dépeint le portrait. Ce n’est pas ça qui m’a dérangée mais la manière dont l’auteur écrit certaines phrases et certaines affirmations : non, les autistes ne sont pas « supérieurs » aux autres, ils sont juste différents, ont d’autres aptitudes, est-ce vraiment constructif de diviser ainsi la société ainsi ? Et parler de "déportation" des autistes, n'est-ce pas atteindre un peu trop vite le point Godwin ?Au final, on est sur du vocabulaire polémique, fait pour choquer, ranger à sa cause ; mais avec moi ça ne l'a pas fait.
Certaines phrases sont vraiment violente. Il n’y a pas d’appel à la violence où autres, mais il est vrai que vers la fin du roman il fait plus ou moins partie du sous-texte. Ça m’a mis un peu mal à l’aise… Et a vraiment gâché ma lecture et détruit ce que le livre aurait pu construire.
Malgré tout, ces mots ont bien faits d’être écrits. Cette violence avait besoin d’être exprimée et elle l’a été. Mais certaines choses pourraient tout de même paraître un peu dangereuse... 

En conclusion, cet essai est vraiment intéressant pour tout autiste ou proche d’autiste qui souhaiterait avoir envie de connaître un peu plus le monde dans lequel il vit. Personnellement, le côté « extrémiste » m’a refroidie, mais cela donne un tableau effrayant des conditions de vie des autistes en France. C’est un roman à lire pour se donner un bon électrochoc ; mais il faudra passer outre l’aspect très violent de l’essai qui peut vraiment choquer, et entre finalement dans un "too much" polémique dont on aurait pu se passer...



Ma note finale

[2 étoiles]


Vous pouvez acheter ce livre en cliquant ici. Bonne lecture !

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À propos

photo de l'auteur“Jeune fille passionnée par l'écriture et la lecture, j'ai créé ce blog afin de partager ma passion, tout simplement.”

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