Sur les chemins noirs, Tesson conte une France rurale

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Sur les chemins noirs, Tesson conte une France rurale

4e de couverture

«Il m’aura fallu courir le monde et tomber d’un toit pour saisir que je disposais là, sous mes yeux, dans un pays si proche dont j’ignorais les replis, d’un réseau de chemins campagnards ouverts sur le mystère, baignés de pur silence, miraculeusement vides. La vie me laissait une chance, il était donc grand temps de traverser la France à pied sur mes chemins noirs. Là, personne ne vous indique ni comment vous tenir, ni quoi penser, ni même la direction à prendre.» Sylvain Tesson.

Informations générales

Auteur : Sylvain Tesson

Genre : Témoignage / Voyages

Type : Essais

Dernière édition : 2019 (Folio)

Prix : 8,60€

Mon avis

Ça faisait un moment que je n’avais pas lu de Sylvain Tesson et j’avais envie d’en lire un. Sur les Chemins Noirs m’a attiré lors d’une escapade en train. La promesse d’une histoire champêtre et typiquement française, loin du grand Nord, m’a surprise et m’a donné envie de découvrir ce roman.

En effet, Sylvain Tesson, notre explorateur préféré, ne va pas ici explorer la Russie. J’avais réellement adoré Dans les Forêts de Sibérie, où il s’isole durant des centaines de jours dans une cabane au bord du Baïkal. Ici, il décide de parcourir la France, en pleine diagonale du vide, à pied. Nous allons donc suivre ses pensées et ses difficultés, à travers cette longue aventure.

Sur les Chemins Noirs, pour se rétablir

Je pensais autant adorer Sur Les Chemins Noirs que Dans les forêts de Sibérie, mais malheureusement ce n’est pas ce qu’il s’est passé.
Pourquoi ? Ce n’est pas pour être méchante, et je loue terriblement l’exploit accompli ici, mais j’ai trouvé Tesson dans ce tome plus geignard, moins « dans le présent ».
Peut-être est-ce son accident qui l’a rendu comme ça, ou alors sa privation d’alcool qui le rend moins enclin à louer le vaste monde.
Provoqué par son accident, son voyage n’étais peut-être pas en effet sur les listes, et cela se sent un peu. Il n’en est pas inintéressant ; mais je me demande vraiment si Tesson aurait fait ce voyage s’il n’avait pas eu cet accident.

Un style toujours aussi particulier

C’est, certes, le récit d’un homme malade que l’on suit, mais c’est aussi des retrouvailles avec le style d’écriture de Tesson, qui est toujours aussi envoûtant. Bien que difficile à lire, j’aime toujours autant son style, qui magnifie la nature, et la décrit avec beaucoup de culture. De quoi réfléchir, certes, mais aussi de quoi, simplement, se laisser emporter. Ce n’est pas un page-turner ni un récit qui se laissera aborder facilement. Vous allez donc buter sur certaines pages, mais ce qui en ressort est vraiment passionnant.

Les questionnements suscités sur les chemins noirs

Comme toujours, on ressent beaucoup son engagement politique à travers ses écrits. Ici, une large place est laissée à la question de l’urbanisation des espaces ruraux : rendre la fibre disponible à tout le monde est-il la moindre des choses, ou l’endiguement des derniers morceaux de « vie vraie » – comme le dit-il lui-même ? Quel avenir pour ces espaces ruraux, est lequel est-il préférable ? Je ne commenterai pas cet aspect de l’essai car il me semble préférable de rester neutre – mais ses réflexions sont toujours intéressantes. Tesson est un homme solitaire, inadapté à la société, et cela se sent.

Pour conclure…

En conclusion, Tesson est toujours un auteur à lire et découvrir, malgré un style d’écriture qui ne se laissera pas facilement aborder, bien que particulièrement intéressant. Certes, il ne plaira pas aux amateurs de page-turner, c’est sûr, mais il s’adresse plutôt à une catégorie de personne qui souhaite lire lentement et réfléchir à chaque phrase – ce que je ne suis pas forcément !. Son voyage est agréable à suivre et on apprécie énormément ses descriptions de paysage bien français, ses discussions avec les ruraux. Mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai été moins charmée par celui-ci que Dans les forêts de Sibérie : est-ce le cadre de l’histoire ? Son état de santé ? Ou simplement, sa vision du monde ? J’ai encore besoin d’y réfléchir mais je découvrirais avec plaisir les autres romans de l’auteur, dont la Panthère des Neiges qui sort cette année.

Créatrice de La Plume. J'aime partager mes lectures avec vous :)

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